EDITORIAL. Président Tshisekedi : «…nous pouvons donc émettre un satisfecit»

Ces dernières 48 heures, précisément du 5 au 7 février 2019, le Président Félix Tshisekedi s’est retrouvé successivement à Luanda, à Nairobiet à Brazzavilleoù il a échangé avec ses homologues angolais João Lourenço, kenyan Uhuru Kenyattaet congo-brazzavilloisDenis Sassou Nguesso

La question de son élection a été soulevée principalement à l’étape de Luanda, et il a répondu en homme d’Etat. D’abord en reconnaissant «quelques imperfections, quelques irrégularités» dans la tenue des élections du 30 décembre 2018, ensuite en faisant observer au sujet des résultats électoraux contestés qu’il attend «toujours les preuves» et ajoute «Je n’ai toujours rien vu», tertio – c’est le plus important – en soulignant que «C’est la première fois que nous avons des élections sans violence». 

Conclusion pertinente : «…nous pouvons donc émettre un satisfecit».

Dans toute démocratie, une victoire électorale s’assume.

Au nom de l’Etat de droit, il revient au vainqueur de reconnaître sa victoire et d’exercer le pouvoir acquis. En interne, mais aussi en externe.

En interne, la consolidation de cet acquis ne fait l’ombre d’aucun doute. 

En externe, le secrétaire général de l’Onu, interrogé par Rfi le mercredi 6 février 2019 sur les élections en RDCongo, a eu ce mot juste : «Indépendamment de ce qu’il s’est passé, il y a aujourd’hui une situation établie et il faut à mon avis coopérer avec le Congo et ses autorités pour aider le pays à sortir des difficultés énormes qu’il connaît encore. Il faut dire qu’il y a un vent d’espoir qui souffle en Afrique. En général, on parle des choses négatives».

Déjà, à toutes les étapes de la tournée, l’entretien entre les Chefs d’Etat s’est focalisé sur la coopération et le commerce.

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Ainsi, le 24 janvier dernier, après avoir prêté le serment constitutionnel et obtenu les instruments du pouvoir, et le 25 janvier, après avoir procédé à la remise et reprise avec son prédécesseur Joseph Kabila et pris possession de ses bureaux, le Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo sait que les défis qui l’attendent sont ceux de son programme aux plans politique, économique et social. 

C’est sur ce terrain-là et non un autre que le peuple l’attend.

Il va de soi que la question électorale devient secondaire, quand bien même elle reviendra à certaines étapes des prochains déplacements. 

Secondaire parce que la procédure légale a été actionnée de bout à bout : la Céni a proclamé les résultats provisoires, la partie s’estimant lésée les a contestés devant la Cour constitutionnelle, et celle-ci les a confirmés en proclamant les résultats définitifs. Bien plus, l’investiture a eu lieu. 

Mieux, le peuple congolais, dans sa large majorité, a approuvé. 

La logique veut que le débat soit désormais laissé au parti (Udps) et à la coalition (Cach).

L’Etat répond à l’Etat. Le Parti répond au Parti. La Coalition répond à la Coalition.

La Constitution dispose d’ailleurs à l’alinéa 2 son article 96 que «Le mandat du Président de la République est également incompatible avec toute responsabilité au sein d’un parti politique».

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Les élections s’étant déroulées, les Congolais conviés à partager le satisfecit émis par le Chef de l’Etat, c’est l’heure pour tout le monde de mouiller le maillot, c’est-à-dire de travailler. Travailler à l’exécution du programme de gouvernement. 

«Main dans la main, tissons une chaîne d’union qui nous rendra capables de mettre en mouvement notre capital humain, pour transformer les 2.340.000 km2 de notre pays en un gigantesque chantier, sans doute le plus grand du siècle», avait-il déclaré en prévision des élections, alors candidat de l’Udps.

Dans son discours d’investiture, le candidat vainqueur de la présidentielle a circonscrit en 8 points le programme post-électorat qui sera défini avec le concours du Gouvernement, selon l’article 91 de la Constitution. Il s’agit de :

1. la pacification de tout le territoire national,

2. la lutte contre la pauvreté,

3. la réhabilitation et la consolidation d’un Etat de droit,

4. la lutte efficace et déterminée contre la corruption, les antivaleurs,

5. la promotion de la presse et des médias,

6. la valorisation du capital humain,

7. le développement des milieux ruraux et

8. la simplification des procédures administratives dans les secteurs clé de la vie nationale.

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Le Président Etienne Tshisekedi a tendu sa main à ses partenaires comme à ses adversaires en considérant que «Nous voulons construire un Congo fort dans sa diversité culturelle. Un Congo tourné vers son développement dans la paix et la sécurité. Un Congo pour tous dans lequel chacun mérite sa place». Chacun des Congolais est libre de l’accepter ou de la décliner. Cela fait aussi partie des libertés individuelles. 

L’unanimisme n’étant alors pas de la nature humaine, l’important est d’obtenir le plus d’inclusivité possible.

Cinq ans, ce n’est pas une éternité. D’ailleurs, depuis le 24 janvier dernier, deux semaines sont déjà consommées. 

Aussi, y a-t-il lieu de faire attention aux «experts en distraction» qui, au bout du quinquennat, exigeront du Chef de l’Etat des comptes sur son bilan. Ils le feront au nom du devoir de redevabilité.

Il faudrait que le moment venu, le satisfecit à émettre soit celui d’une victoire électorale assumée. 

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

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