Participant au 32ème sommet de l’Ua, le Président Tshisekedi rappelle la vocation de «plaque-tournante» et de «noyau intégrateur» de la RDC…

  • «Il est un fait que la République Démocratique du Congo se présente aujourd’hui devant vous dans un contexte particulier qui devrait, j’en suis persuadé, honorer toute l’Afrique», a-t-il déclaré dans son premier discours de Chef d’Etat au sein de l’organisation continentale…

A peine ouvert le 32ème sommet ordinaire de l’Union africaine à Addis-Abeba, le nouveau Président de la RDCongo a fait un tabac, pour reprendre le langage des artistes ou des sportifs. En effet, le premier jour des assises (dimanche 10 février 2019), il a rencontré les sommités du monde (notamment le secrétaire général de l’Onu Antonio Guterres) et d’Afrique (les Présidents Abdel Fattah al-Sissi d’Egypte, Cyril Ramaphosa d’Afrique du Sud et Alassane Ouattara de la Côte d’Ivoire) avant d’être porté à la 2ème vice-présidence de l’organisation continentale. Il est vrai que l’Union africaine – en cette matière précise – désigne le tour par pays. Il faut cependant admettre que la symbolique est forte en ce que l’événement se produit deux semaines après la cérémonie de passation pacifique des pouvoirs entre le Président sortant Joseph Kabila et le Président entrant Félix Tshisekedi. Et ce dernier, dans son premier discours à Et de l’Ua, va l’assumer en déclarant : «Cette passation pacifique du pouvoir entre le Président sortant et le dirigeant du plus ancien parti d’opposition a démenti tous les pronostics du chaos annoncé à l’issue de ces élections. Elle est la preuve de la maturité politique de notre Peuple. A travers tout le pays, cette prouesse démocratique a été largement saluée par nos populations qui n’aspirent qu’à la paix»…

Et de poursuivre, sur ce même chapitre : «Ce passage de témoin augure également une nouvelle ère où, sur la base de cet acquis démocratique, il nous faut, sans relâche ni répit, consolider davantage la paix et la sécurité, combattre les antivaleurs, construire un Etat de droit, renforcer la politique de bon voisinage et le règlement pacifique des différends, neutraliser la nébuleuse des groupes armés qui massacrent et sèment mort et désolation dans certaines contrées du pays, tout particulièrement à Beni et à Butembo, dans le Nord est».

Le Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a établi un relais entre l’insécurité qui prévaut dans cette partie de son pays et l’insécurité entretenue par des groupes terroristes dans bon nombre d’Etats membres de l’Ua. D’abord sur la République Démocratique du Congo : «Il y a lieu ici de rappeler le fait que l’Afrique est aujourd’hui confrontée à l’expansion du terrorisme qui menace sérieusement la RDC notamment dans sa partie orientale, avec le risque d’exacerber les déplacements de la populationC’est pourquoi je lance un appel à toute l’Afrique afin de s’unir pour mettre un terme à ce fléau. Notre pays le Congo a tant souffert depuis qu’il est Congo ». Ensuite sur le continent : «Les guerres meurtrières que nous avons vécues devraient interpeler toute l’Afrique et la conscience internationale, afin de ne point favoriser, ni sponsoriser toute tentative susceptible de faire revivre au peuple congolais les mêmes atrocités que nous ne cessons de décrier depuis plus de vingt ans».

Le Chef de l’Etat a estimé qu’il n’est pas question pour le Congo de continuer «d’être indéfiniment victime de la convoitise de ses immenses ressources naturelles», tant il est vrai que la cause première de l’insécurité est d’ordre économique. D’où sa proposition du partenariat gagnant-gagnant, la RDC s’engageant, selon ses propos, «à apporter sa contribution à toute action visant la mise en valeur de ses ressources naturelles, pour le bien-être de l’Afrique et du reste du monde». 

Saisissant l’occasion pour saluer la participation des missions d’observation de l’Ua, de la Cééac, de la Cirgl et, va-t-il insister, «particulièrement de la Communauté du Développement de l’Afrique Australe» (Sadc) dans le processus électoral qui a «abouti à cette alternance apaisée dans notre pays», se réjouissant par la suite de cette coopération tout comme de celle de la communauté internationale, le Chef de l’Etat l’a reconnue comme «précieuse pour incruster durablement les acquis de notre démocratie, renforcer l’état de droit et contribuer au développement économique et social du pays».

Aussi, a-t-il réservé «une mention particulière», au nom du peuple congolais et à son propre nom, «pour la République Arabe d’Egypte, le Kenya et la République Sud Africaine pour leur engagement exceptionnel en faveur de la paix et de la stabilité durable au Congo». 

Il a pris l’engagement de s’investir au cours de son mandat dans toute initiative de nature «à amener la RDC à retrouver toute sa place au sein de l’Union Africaine, celle d’un Etat de droit, à vocation de plaque-tournante, un noyau intégrateur, un pays transversal à la jointure de toutes les Afriques, dans leur diversité culturelle, linguistique et religieuse», soulignant au passage sa détermination «à promouvoir un développement intégré de la République Démocratique du Congo et, par voie de conséquence, celui de l’Afrique, notamment à travers l’accomplissement de la vision dont l’Agenda 2063 est porteur, et en mettant efficacement en valeur toutes les ressources de notre pays». 

Le Président Félix Tshisekedi a réaffirmé l’adhésion totale de la RDC «aux idéaux sacrosaints prônés par les pères fondateurs de notre unité continentale et transcrits dans l’Acte Constitutif de notre Union, consacrant le respect de l’indépendance, la souveraineté, et l’intégrité territoriale de chacun de nos Etats». 

La question sensible des réfugiés et des déplacés  

Le thème du 32èmesommet étant «Année des réfugiés, des rapatriés et des personnes déplacées : vers des solutions durables aux déplacements forcés en Afrique», il a mis en exergue les préoccupations de son pays qui partage ses frontières avec neuf Etats, en l’occurrence l’Angola, la Zambie, la Tanzanie, le Burundi, le Rwanda, l’Ouganda, le Soudan du Sud, la Rca et le Congo-Brazzaville. 

«Chacun de ses voisins a connu soit des crises politiques, communautaires ou humanitaires, soit des guerres civiles, des insurrections et des attaques armées, voire des épidémies ou des catastrophes naturelles, ayant entrainé des vagues de déplacés forcés et de réfugiés de façon récurrentes, posant à chaque fois l’épineuse problématique du rapatriement desdites populations», a-t-il relevé. 

Il a fait allusion aux instruments juridiques internationaux, auxquels le Congo a adhéré,  réglementant la question des réfugiés : Convention de 1951, son Protocole de 1967 et Convention de 1965 signée le 14 juillet 1973.

«Tout en réaffirmant notre vocation africaine et notre hospitalité légendaire, nous invitons les Etats de notre Région à mutualiser leurs efforts pour trouver une solution idoine à la question des déplacés forcés ainsi que celle des groupes armés qui sévissent le long de nos frontières respectives», a déclaré le Chef de l’Etat qui est d’avis que «La paix dans la Région des Grands Lacs est à ce prix». 

Outre les refugiés, il s’est appesanti sur le sort des déplacés internes. «Gouvernement va s’employer à rétablir la concorde nationale et la stabilité du pays, mettre fin aux conflits ethniques et aux activités des groupes armés nationaux et étrangers sur l’ensemble du territoire», a-t-il poursuivi avant de rappeler le rapatriement «des ex-combattants vers leurs pays d’origine, conformément à l’Accord-cadre d’Addis-Abeba» et solliciter «une mutualisation des efforts des Etats de la région pour en finir avec la question du rapatriement des groupes armés extérieurs».

Il est d’avis que«Les mutations profondes et rapides auxquelles nous assistons ces dernières années font incontestablement de l’Afrique le continent du présent et de l’avenir».

« A l’horizon 2050», a fait observer le Président Félix Tshisekedi, «un habitant de la planète sur quatre sera africain». Aussi, a-t-il manifesté sa surprise de constater «que jusqu’à ce jour, les discussions devant conduire à la réforme du Conseil de Sécurité des Nations Unies n’aient pas encore permis de corriger l’évidence selon laquelle la représentation de l’Afrique au sein de cet organisme mondial est déséquilibrée». D’où son appel pressant «à une action renouvelée des leaders Africains que nous sommes, dans un esprit d’unité et de solidarité, afin que l’Afrique puisse rapidement bénéficier de deux sièges permanents au sein du Conseil de Sécurité». 

            Revenant sur le thème du sommet, le Chef de l’Etat a noté que«Le défi des refugiés et des déplacés internes nous interpellent sur la lenteur de nos efforts visant à éradiquer la pauvreté sur le continent africain, la persistance des risques environnementaux qui affectent nos populations et la nécessité de renforcer nos efforts en faveur de la bonne gouvernance et la prévention des conflits». 

Il a exprimé sa conviction du résultat positif du sommet ; ce qui permettra «de renforcer la stabilité de nos Etats et ainsi contribuer à résoudre cette épineuse question qui menace particulièrement notre jeunesse, qui malheureusement est un vivier pour le recrutement des bandes armées et des groupes terroristes de tout genre». 

Comme de tradition, le Président de la République a souhaité plein succès à ces assises et demandé Dieu de bénir l’Union africaine, remerciant ses pairs en langues nationales congolaises, en français, en anglais, en arabe, en espagnol et en portugais. 

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

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Facebook : Omer Nsongo

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