Avec sa lettre à «En-tête» portant son propre nom, Fayulu, esseulé, s’est adressé à l’Ua !

  • Manifestement, il s’agit d’une initiative individuelle n’engageant ni la coalition Lamuka, ni la Dynamique de l’Opposition, moins encore l’Ecidé. Dès lors, il compromet les chances de sa tournée en provinces et à l’étranger…
  • Vraisemblablement, la «Conférence des Leaders» – organe de conception et d’orientation de «Lamuka» – a résolu de ne plus l’accompagner puisque l’homme se révèle un Léviathan et pourrait mettre à mal leurs réseaux. Il devient inquiétant…

Martin Fayulu a écrit aux Chefs d’Etat ayant participé au 32èmesommet de l’Union africaine tenu à Addis-Abeba les 10 et 11 février 2019. Il  a proposé à l’organisation continentale la mise sur pied d’un «comité spécial» chargé de procéder à «la vérification de la vérité des urnes en RDC», l’objectif étant de  «lever le voile sur le vrai président de la République ainsi que les vrais députés élus». Et d’ajouter : «L’alternative à cette solution serait de refaire les élections dans un délai de six mois». Il s’agit, évidemment, de la présidentielle, des législatives nationales et des provinciales.  «Autrement, les Congolais ne croiront plus aux élections et ce sera une défaite pour la démocratie qui aura des répercussions au-delà de la RDC», poursuit-il…

Soutenant que «le pouvoir de Félix Tshisekedi n’est que la continuité du système Kabila», Martin Fayulu renchérit : «Dans un souci de pérennisation du système Kabila, la Commission Électorale Nationale Indépendante a tout simplement fabriqué les résultats qu’elle a publiés, en ignorant de manière cynique la souveraineté du peuple congolais». 

Regrettant la rétractation de la mission de l’Union africaine qui devrait descendre à Kinshasa avant la proclamation des résultats définitifs, il affirme que «La fin de non-recevoir essuyée par cette initiative continentale a jeté un discrédit sans précédent à l’endroit de l’Union africaine»

Aussi, dans son entendement, «Le silence des Chefs d’Etat d’Afrique devant cette imposture est angoissant», avant de se demander : «Et aujourd’hui plus qu’hier, les Congolais  se demandent : à quoi servent encore les élections en RDC ?». 

Cour ? Commission ? 

Datant du 8 février 2019, cette lettre est précédée d’une saisine de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples datée du 7 février. «Cette cour a une jurisprudence. Elle a déjà condamné d’autres pays pour tricherie et pour cas de vol électoral. J’espère qu’elle sera constante dans sa jurisprudence et qu’elle fera en sorte qu’une recommandation et une résolution soient émises à l’endroit de la RDC pour qu’on respecte la vérité des urnes», a déclaré le Mlc Fidèle Babala.

En réaction à cette saisine, André Mbata va ironiser. «Il faudra d’abord connaître la destination du vol qu’aurait pris Martin Fayulu (MAFA) ou de l’avion à bord duquel se trouveraient les avocats de Lamuka : Banjul (Gambie) ou Arusha (Tanzanie) ?». Il fait remarquer que «La Commission africaine des droits de l’homme et des peuples et la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples sont les deux organes de l’Union africaine (UA) qui sont sollicités».

De la Commission(qui siège à Banjul), «Elle peut pas examiner des requêtes basées exclusivement sur des informations diffusées par les médias», relève-t-il parce que cette structure «ne peut pas non plus traiter des questions déjà réglées par les Etats selon les principes de la Charte de l’ONU, l’Acte constitutif de l’UA ou les dispositions de la CADHP». Et souligne : «Ses décisions restent confidentielles jusqu’à ce que l’Assemblée de Chefs d’Etat et de Gouvernement en ait décidé autrement».

De la Cour africaine(qui siège à Arusha), il soutient que, «régie par le Protocole de la Charte  africaine des droits de l’homme et des peuples adoptée à Ouagadougou au Burkina Faso le 9 juin 1999 et entrée en vigueur le 25 janvier 2004», «Ses arrêts sont obligatoires et s’imposent aux Etats-parties au Protocole». Et précise : «Les Etats, la Commission, et les organisations intergouvernementales africaines peuvent saisir la Cour africaine. Il en est de même des individus et des ongs ayant statut d’observateurs auprès de la Commission africaine. Dans ce cas, pour être recevables, les requêtes doivent provenir des individus ou des Ongs dont les Etats ont au préalable déposé la déclaration prévue par l’article 34 (6) autorisant la Cour a recevoir de telles requêtes. Sans une telle déclaration de l’Etat sous la juridiction duquel ils se trouvent, les individus et Ongs n’ont pas qualité pour saisir la Cour africaine.

Conclusiondu Pr des Universités : «En saisissant la Cour constitutionnelle, MAFA et Lamuka avaient déjà reconnu son autorité et choisi de se plier à sa décision ! En approchant les instances africaines, ils confirment avoir pris acte de l’arrêt de la Cour qui les avait déboutésJe ne vois pas la Commission africaine (dont les recommandations sont soumises aux Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’UA qui reconnaissent a présent FATSHI comme président de la RDC), encore moins la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples ordonner l’annulation de l’arrêt de la Cour constitutionnelle proclamant Félix Tshisekedi Président de la RDC !»

Avec quel financement ? Quel matériel électoral ? Quel fichier ?

En qualifiant d’angoissant le silence de ses «homologues potentiels» devant ce qu’il qualifie d’imposture, et en déduisant du refus de la mise sur pied le comité spécial de vérification de la vérité des urnes en RDCongo «une défaite pour la démocratie qui aura des répercussions au-delà de la RDC», Martin Fayulu est manifestement menaçant

Mais là où il devient ouvertement inquiétant, c’est lorsqu’il considère que «L’alternative à cette solution serait de refaire les élections dans un délai de six mois». 

Avec quel financement ? Et quel matériel électoral ? Et quel fichier ?

Quand on a la vocation de Chef d’Etat, on donne des précisions à ce questionnement. Question de convaincre ses pairs, c’est-à-dire leur témoigner respect. 

Or, dans le contexte actuel, il est établi que la RDCongo n’est pas en mesure de financer dans les six mois un nouveau cycle électoral, à moins d’en appeler à un financement extérieur. De un. De deux, il est établi que les élections sont à tenir avec la machine à voter (toujours illégale !) et le fichier électoral (toujours corrompu !). 

Les Chefs d’Etat et de Gouvernement concernés ne peuvent que réserver une fin de non-recevoir à une lettre sans fondement. Surtout lorsqu’en alternative, l’auteur commet la bavure de préconiser un nouveau scrutin alors qu’il s’en tient à la vérité des urnes qui lui est favorable.

Petite insolite : pour la première fois depuis sa croisade «Vérité des urnes», Martin Fayulu étend ses revendications aux députés nationaux et aux députés provinciaux alors que jusque-là, il se limite à la présidentielle. C’est-à-dire à lui-même. 

Risque d’être mis hors course…

La préoccupation, pour l’heure, est de savoir pourquoi Martin Fayulu entreprend seul ce genre de  démarche, et encore au travers d’une lettre au contenu irrespectueux. 

Se révélant un véritable Léviathan sur lequel les «concepteurs» perdent tout contrôle, l’homme est conscient de ne pas orienter sa fronde contre Fatshi, Kabila et la Céni. Sa fronde, il la dirige plutôt contre les «leaders de la coalition Lamuka», précisément Moïse Katumbi, Jean-Pierre Bemba et Freddy Matungulu qui l’ont vraisemblablement lâché. Il apprend à ses dépens combien sa carrière politique est en train de se ruiner, l’évidence étant qu’il a peu de ressources pour être candidat en 2023. 

Déjà, il s’exclut, au travers de ses prises de position davantage radicalisées, de la perspective d’être porte-parole de l’Opposition. 

Pourtant, candidat de Lamuka, il devrait laisser à la coalition, à «Dynamique de l’Opposition» ou à Ecidé la responsabilité des initiatives sensiblescomme la saisine de la Cour ou de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples ou la lettre aux Chefs d’Etat et de Gouvernement africains réunis à Addis-Abeba cette responsabilité. 

En descendant lui-même dans l’arène ou en montant personnellement au créneau, il prend un pari risqué : celui d’être mis hors course.

Il sera demandé à la «Conférence des Leaders» de neutraliser leur Léviathan ! 

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

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