EDITORIAL. Lumbi, que se passe-t-il autour de Fayulu ?

Conseiller spécial du Chef de l’Etat au moment où il monte «G7» en septembre 2015, Pierre Lumbi est le cerveau moteurde la «coalition Lamuka». 

Ce n’est pas pour rien qu’il accepte, en 2018, de prendre la direction de la campagne électorale de la coalition en général, le candidat à la présidentielle Martin Fayulu en particulier.  

C’est par un communiqué du dimanche 16 décembre 2018, signé par Pierre Lumbi, que «cette plateforme électorale appelle tous les Congolais à ‘voter massivement dans la paix et la sérénité’», rapporte Radio Okapi dans sa dépêche du lendemain intitulée «Elections 2018 : Lamuka, d’accord avec la machine à voter pour servir d’imprimante».

La dépêche poursuit, au sujet de la coalition, que celle-ci «appelle tous les congolais à aller voter massivement pour leur candidat, Martin Fayulu Madidi ‘dans la paix et la sérénité en évitant tout acte de provocation d’où qu’il vienne’»

On se souviendra que jusqu’à la veille du rétropédalage, la position de Lamuka et de Martin Fayulu est celle du rejet catégorique des élections organisées avec la machine à voter et le fichier électoral. 

Normal : dans l’Accord de Genève du 11 novembre 2018, le point 3 de l’article 4 consacré aux «ENGAGEMENTS IRREVOCABLES DU CANDIDAT COMMUN» confie au candidat commun la charge de «Porter les revendications de l’Opposition contenues dans les déclarations de Kinshasa du 13 août 2018 et de Bruxelles du 12 septembre 2018 notamment le rejet de la machine à voter, le nettoyage du fichier électoral, la sécurisation du processus électoral et la décrispation politique jusqu’aux élections de 23 décembre 2018». 

Comme pour le confirmer, dans une interview du 2 décembre 2018 à Rfi, Martin Fayulu dira à propos de la machine à voter : «J’ai dit au peuple congolais : ne permettez pas à quiconque d’organiser des élections avec la machine à voter, parce que c’est illégal ! La fraude est préparée. Nous devons, à partir de ces élections, commencer à établir un Etat des droits», avant d’ajouter : «Nous demandons à nos électeurs qu’on n’installe même pas la machine à voter dans les bureaux de vote. Que personne ne puisse organiser les élections en utilisant la machine à voter !». 

***

La suite est connue : il y a volte-face !

Jusqu’à la saisine de la Cour constitutionnelle en janvier 2019, la présence de Pierre Lumbi aux côtés du candidat commun est manifeste. 

Mais, ces temps dernier, elle se «dilue». 

C’est à croire que sa mission de directeur de campagne est terminée.

Effectivement, le cerveau moteur n’est visible dans le cadre ni de la saisine de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, ni de la lettre aux Chefs d’Etat et de Gouvernement ayant participé les 10 et 11 février dernier au 32ème sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba. 

Il semble faire le choix de s’éloigner de la radicalisation continue de l’ex-candidat Lamuka.

Et pour cause !

Dans sa livraison du 12 février 2019 intitulée «Félix Tshisekedi légitimé par ses pairs lors du sommet de l’UA», Rfi rapporte même que «Le sommet de l’Union africaine a été l’occasion pour le nouveau président congolais de mener une véritable offensive diplomatique. Félix Tshisekedi, devenu président à l’issue d’une élection contestée, a multiplié les rendez-vous bilatéraux à Addis-Abeba, bien décidé à obtenir un blanc-seing de ses pairs». 

S’étant entretenu avec une dizaine de chefs d’Etats – « dont les plus critiques sur le processus électoral congolais» relève ce média – le Président de la République a échangé lundi dernier avec ses homologues rwandais Paul Kagame, tchadien Idriss Deby et sud-africain Cyril Ramaphosa, tout comme avec la représentante de l’Ue Frederica Mogherini. 

«La stratégie est efficace. ‘Il faut aller de l’avant’, affirme un responsable onusien. Même son de cloche du côté du ministre angolais des Affaires étrangères, qui analyse : ‘le processus électoral maintenant c’est du passé’. Le candidat malheureux Martin Fayulu a bien tenté, via une lettre aux chefs d’Etat, de remettre le sujet du recomptage des voix sur la table. En vain. Félix Tshisekedi repart aujourd’hui auréolé de la reconnaissance de ses pairs», conclut Rfi.

***

La question revient : Lumbi, que se passe-t-il autour de Fayulu ?

L’opinion avertie en fait le constat : un vide est en train de s’installer et de s’étendre autour de Martin. Comme relevé dans une dernière livraison, en interne, Moïse Katumbi, Jean-Pierre Bemba et Freddy Matungulu ne se prononcent ni en bien ni en mal sur lui. Encore moins Delly Sessanga, André-Claudel Lubaya et Jean-Bertrand Ewanga. Gabriel Kyungu, Jean-Claude Vuemba et Adrien Phoba sont en train de le «zapper», pour reprendre une expression kinoise. Même la rue, alias peuple, ne se mobilise pas en sa faveur.

En externe, en dehors de Bruxelles-capitale de la Belgique qui ne le soutient même pas ouvertement, les institutions comme les Nations Unies et l’Union européenne font peu désormais cas de ses revendications. Les autres capitales occidentales comme Washington, Paris, Londres, Berlin etc. ont déjà tourné sa page. Les capitales orientales comme Moscou, Tokyo, Beijing et New Delhi font de même. 

Que reste-t-il finalement de Martin Fayulu ?

Il appelle le peuple congolais de s’inspirer de l’exemple du Venezuela !

Et là, c’est vraiment le «suicide politique et diplomatique».

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

http://www.congo30juin.comFacebook : Omer Nsongo

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