EDITORIAL. L’Udps face à l’Udps ce 15 février 2019 !

L’Union pour la démocratie et le progrès social célèbre ce vendredi 15 février 2019 ses 37 ans d’existence avec un défi majeur : traduire dans des actes chacun des termes composant sa dénomination, cela en consolidant l’Union en vue d’établir la Démocratie, fondement du Progrès Social, naturellement en République Démocratique du Congo. 

Tout un programme.

Après 37 ans d’Opposition, dont 36 sous le leadership de l’un des pères fondateurs, en l’occurrence Étienne Tshisekedi, ce parti est aujourd’hui au Pouvoirà la faveur des élections du 30 décembre 2018. 

Il est donc du Pouvoir.

Seulement voilà : il n’a que 5 ans– oui 5 exactement – pour produire le fruit escompté. Et encore, dans le contexte d’une alternance politique jamais vécue en 59 ans (bientôt) d’Indépendance.

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Ainsi, voir, deux semaines après l’investiture de Félix Tshisekedi Président de la République, à ses côtés  des personnalités comme Léonard She Okitundu ou Barnabé Kikaya comme cela a été le cas à Addis-Abeba lors du 32ème sommet de l’Union africaine tenu les 10 et 11 février dernier, relève le sens de la notion sacrée de continuité de l’Etat. Un sommet du genre se prépare de très long mois à l’avance. N’en sont compétents que les officiels du Gouvernement : ministres, ambassadeurs, conseillers diplomatiques, experts etc. 

Tant que le Chef de l’Etat n’a pas de Gouvernement (l’Assemblée nationale de laquelle doit sortir le Premier ministre et devant laquelle il doit répondre de sa gestion est en implantation), la présence de ces officiels dans la suite présidentielle est tout ce qu’il y a de normal. 

Ce qui est valable pour eux en diplomatie l’est aussi  pour d’autres dans plusieurs secteurs de la vie nationale.

Le parti a le devoir d’entreprendre en direction de la base une action pédagogique convaincante. 

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L’enjeu des enjeux, c’est évidemment la gouvernance institutionnelle pendant le quinquennat 2018-2023. Un quinquennat qui décidera, à terme, du renouvellement ou non du mandat présidentiel conformément à l’alinéa 2 de l’article 70 de la Constitution. 

Alors qu’il est censé disposer de l’état de grâce traditionnel des «100 premiers jours», le Président Félix Tshisekedi est bien obligé de faire face à des mouvements sociaux sur fond des grèves. Bon nombre de secteurs vitaux sont touchés. Précisément ceux concernés par le «Progrès Social».

On serait même tenté de croire qu’un esprit malin voudrait tester la capacité de réaction du parti désormais du pouvoir parce qu’au pouvoir. 

C’est ici que l’Udps doit faire preuve de pragmatisme en prenant, par exemple, les portefeuilles ministériels à fort taux de contestation. 

Il en va de son devenir et surtout de son avenir…

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Dans un édito bien inspiré intitulé «LES NOUVEAUX HABITS DE L’UDPS» paru dans la livraison du vendredi 8 février 2019 de Forum des As, José Nawej note : «Durant plus de trois décennies, l’UDPS était l’opposition et – à quelques nuances près – vice versa. Voilà qu’à la faveur de la présidentielle du 30 décembre 2018, la formation créée le 15 février 1982 est au pouvoir. A la cime de l’appareil d’Etat. Ça change radicalement tout. Une révolution copernicienne au sein du paysage politique zaïro-congolais qui nécessite un nouveau paradigme. Et de nouveaux logiciels. De la base au sommet du parti, tout le monde doit apprendre à faire, puis à incarner Pouvoir»

Et de poursuivre : «Pas facile pour une formation pour qui le pouvoir représentait le vice et l’opposition la vertu. Pas évident pour un parti dans lequel le sport le mieux partagé était l’aversion vis-à-vis de tout ce qui renvoyait aux ors et lambris des palais de la République ainsi qu’aux bureaux douillets de ministres. Pas une sinécure pour des cadres et combattants qui abhorraient les médias officiels et ne lisaient les journaux que parce que ceux-ci tiraient à boulets rouges sur les différents régimes qui se sont succédés au mont Ngaliema et à Gombe».

Nawej conclut : «Avec son leader dans le fauteuil présidentiel, l’UDPS se voit obligé d’aimer ce qu’il a haï des décennies durant. Censeur sans concession de tous les pouvoirs depuis 1982 (Mobutu, Kabila père et fils), le parti cher à feu Etienne Tshisekedi va devoir souffrir d’essuyer des critiques de la part de la nouvelle opposition. Désormais, c’est principalement à l’UDPS que les Congolais demanderont des comptes. Ô tempora, ô mores ! Dans ses nouveaux habits de parti du pouvoir…suprême, l’UDPS se souviendra – à ses dépens ? – de la locution proverbiale de l’auteur français du XVIIIème siècle, Philippe Néricault selon laquelle ‘la critique est aisée, mais l’art est difficile’».

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C’est que le rendez-vous de ce vendredi 15 février 2019 est celui de l’Udps-Pouvoirse regardant dans le miroir de l’Udsp-Parti et inversement. Le rendez-vous de l’Udps avecl’Udps.

Le rendez-vous où la communication horizontale est essentielle.

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail :omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.comFacebook : Omer Nsongo

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