Tous invités Rfi avant, pendant et après le 32ème sommet de l’Ua : Guterres, Ouattara et Lacroix confortent l’alternance politique en RDC

  • Le Président Félix Tshisekedi voit son leadership renforcé au plan international

Respectivement Secrétaire général de l’Onu, Président de la Côte d’Ivoire et Secrétaire général de l’Onu en charge des Opérations de maintien de la paix, Antonio Guterres, Alassane Ouattara et Jean-Pierre Lacroix se sont prononcés sur la situation de la RDC le 6, le 11 et le 13 février 2019 en tant qu’Invités Rfi. Sous le titre «Il y a un vent d’espoir qui souffre en Afrique», le premier a estimé qu’«Indépendamment de ce qui s’est passé, il y a aujourd’hui une situation établie et il faut à mon avis coopérer avec le Congo et ses autorités pour aider le pays à sortir des difficultés énormes qu’il connaît encore…». Sous le titre «Ouattara : ‘Pas question d’empêcher la candidature de qui que ce soit’», le Chef d’Etat ivoirien est d’avis, s’agissant de l’élection du Président Félix Tshisekedi, qu’«…il appartient à la communauté d’Afrique de l’Est [EAC] et la SADC [Communauté de développement d’Afrique australe] de régler ce problème. Je connais bien le président Kabila. Nous avons d’excellentes relations. Je connais bien également le président Tshisekedi que je recevrais d’ailleurs pendant ce sommet, et il appartient aux Congolais de trouver les arrangements pour que ce pays demeure en paix». Sous le titre «J-P Lacroix (ONU): «Notre rôle c’est d’aider la RDC à retrouver sa stabilité», appelé à commenter la position de la Monusco, l’invité Rfi répond : «Ce sont des élections qui ont été un processus congolais, même si nous avons joué un rôle au départ pour ce qui concerne l’enregistrement des électeurs. Aujourd’hui, le président Tshisekedi est reçu parmi ses pairs au sommet de l’Union africaine. Maintenant, il s’agit de regarder vers l’avenir et de voir, à notre place, celle des Nations unies, avec le mandat que nous avons, ce que nous pouvons faire pour aider les Congolais»…

            Dans cette livraison spéciale, www.congo30juin.comsélectionne les extraits des interventions des «Invités Afrique» de Rfi consacrées à la République Démocratique du Congo entre le 6 et le 11 février 2019. Sont reprises les questions et les réponses des intéressés. L’objectif de la livraison est d’attirer l’attention des Congolais sur l’impératif d’un ressaisissement rapide pour circonscrire et pénétrer les enjeux de l’alternance politique issue des élections. 

            D’abord Antonio Guterres. Diffusée le mercredi 6 février 2019, l’interview réalisée par Marie Bourreau Diffusion est introduite par cette question : «Les chefs d’Etat et de gouvernement africains se réunissent à Addis-Abeba pour le 32e sommet de l’UA dans quelques jours. Les sujets de division sont nombreux, à commencer par l’accueil à réserver au président congolais Félix Tshisekedi, qui a été élu dans des conditions contestées et qui entame sa première tournée africaine. L’ONU a réagi de manière très mesurée à cette élection. Qu’attendez-vous du nouveau président ?». 

            Première réponse du secrétaire général de l’Onu : «Ce qu’on attend, c’est naturellement un service dévoué à la cause du peuple congolais. Le peuple congolais a beaucoup souffert et souffre encore. Regardez ce qui se passe dans l’est du pays, avec tous ces groupes armés, les violences contre les femmes, les enfants, Ebola…(…) Ce qu’on attend, c’est naturellement un service dévoué à la cause du peuple congolais. Le peuple congolais a beaucoup souffert et souffre encore. Regardez ce qui se passe dans l’est du pays, avec tous ces groupes armés, les violences contre les femmes, les enfants, Ebola… (…)  Il faudra un gouvernement capable d’être inclusif, de rallier tous les Congolais et de créer les conditions pour que le pays puisse surmonter les difficultés politiques, économiques, sociales, et puisse trouver une stabilité qui permette de trouver une solution aux problèmes du pays (…)  Indépendamment de ce qu’il s’est passé, il y a aujourd’hui une situation établie et il faut à mon avis coopérer avec le Congo et ses autorités pour aider le pays à sortir des difficultés énormes qu’il connaît encore. Il faut dire qu’il y a un vent d’espoir qui souffle en Afrique. En général, on parle des choses négatives».

            Deuxième question : «Le président Joseph Kabila avait envoyé des signaux négatifs quant à sa volonté de coopérer avec la mission de l’ONU en RDC, la Monusco. Quels types de signaux espérez-vous du nouveau président ? La Monusco doit-elle, selon vous, rester en RDC ?».

            Deuxième réponse : «Nous avons déjà entamé un dialogue avec le nouveau président. Je crois qu’il y a une volonté mutuelle de coopération. Il faudra éventuellement revoir le dispositif qui existe en République démocratique du Congo. Les grands problèmes qui se posent sont surtout à l’est, mais je crois que ce serait une illusion de penser qu’on pourrait rapidement fermer la mission. Je crois qu’il y a encore un travail à faire en étroite coopération avec les autorités et le peuple congolais».

            Ensuite, Alassane Ouattara. L’interview date du 11 février 2019. Intitulée «Ouattara : ‘Pas question d’empêcher la candidature de qui que ce soit’», elle est réalisée par Christophe Boisbouvier. 

Question unique sur notre pays : «Vous pensez à la République démocratique du Congo… Que vous inspire cette élection très controversée, au terme de laquelle Félix Tshisekedi a été officiellement proclamé vainqueur ?». 

            Réponse du Chef d’Etat ivoirien : «Non, je n’ai pas de commentaire. Nous, nous avons au niveau de la Cédéao [Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest] comme principe que les questions régionales doivent être réglées par les structures régionales. Donc il appartient à la communauté d’Afrique de l’Est [EAC] et la SADC [Communauté de développement d’Afrique australe] de régler ce problème. Je connais bien le président Kabila. Nous avons d’excellentes relations. Je connais bien également le président Tshisekedi que je recevrais d’ailleurs pendant ce sommet, et il appartient aux Congolais de trouver les arrangements pour que ce pays demeure en paix».

            Enfin, Jean-Pierre Lacroix. Intitulée «J-P Lacroix (ONU) : ‘Notre rôle c’est d’aider la RDC à retrouver sa stabilité’», l’interview diffusée le 13 février 2019 a été recueillie par Léa-Lisa Westerhoff.

            Première question : «Pourquoi la Monusco, contrairement à tous les autres acteurs ou autres partenaires de la République démocratique du Congo, n’a livré aucun positionnement sur le processus électoral et sur la crédibilité de ces résultats ?».

            Première réponse : «La Monusco n’avait pas et n’a pas de mandat pour se prononcer sur le déroulement et le résultat des élections. Ce sont des élections qui ont été un processus congolais, même si nous avons joué un rôle au départ pour ce qui concerne l’enregistrement des électeurs. Aujourd’hui, le président Tshisekedi est reçu parmi ses pairs au sommet de l’Union africaine. Maintenant, il s’agit de regarder vers l’avenir et de voir, à notre place, celle des Nations unies, avec le mandat que nous avons, ce que nous pouvons faire pour aider les Congolais».

            Deuxième question : «Mais les bons offices font partie de votre mandat». 

            Deuxième réponse : «Les bons offices, c’est une chose et nous avons toujours été en contact avec tous les protagonistes congolais. En même temps, il y a eu les élections. Vous avez aujourd’hui un président qui a été élu, qui est aujourd’hui reçu à Addis-Abeba au sommet de l’Union africaine».

            Troisième question : «Comment expliquer l’absence de soutien de l’ONU à l’initiative de Paul Kagamé, mi-janvier, qui demandait un recomptage des voix en République démocratique du Congo ?».

            Troisième réponse : «Nous sommes dans le cadre de notre mandat. Il ne nous appartenait pas de nous prononcer d’une manière ou d’une autre sur la manière dont ce processus congolais a été conduit. Cela a été une affaire congolaise. Nous, notre rôle est de regarder vers l’avenir, avec les autorités congolaises et ce que nous pouvons faire pour aider les Congolais à ce que leur pays retrouve la stabilité et se tourne vers son développement».

            Quatrième question : «Martin Fayulu, candidat malheureux, continue à demander un recomptage des voix. Il a envoyé une lettre aux chefs d’Etat de l’Union africaine».

            Quatrième réponse : «Il y a une vie politique congolaise qui reste active et intense d’ailleurs, je crois que ça caractérise ce pays. Et je crois que chacun considère que l’inclusivité sera importante dans les orientations des nouvelles autorités congolaises. Il nous semble que c’est bien dans cet esprit que se situe le président Tshisekedi et donc nous allons voir de quelle manière nous pouvons appuyer ces orientations».

Challenge de l’alternance politique en externe

            Que retenir de ces trois prestations ? 

            L’enseignement à tirer est que la pression exercée sur les interviewés par rapport aux élections du 30 décembre 2018 appelle à un effort diplomatiqueet médiatiqueintense.

L’effort diplomatique est déjà entrepris au travers de la tournée effectuée par le Président Félix Tshisekedi en Angola, au Kenya et au Congo-Brazzaville tout comme de sa participation au 32èmesommet de l’Union africaine où il a échangé avec des Chefs d’Etat et de Gouvernement présents à ces assises, de même qu’avec des animateurs des institutions internationales. 

Cet effort va d’ailleurs s’accentuer avec l’annonce de la cérémonie de présentation, par le Président de la République, des vœux au corps diplomatique. 

L’effort médiatique l’est également au travers de l’accompagnement réussi de l’effort diplomatique.

Il est évident qu’il est appelé à s’accentuer en visant principalement les médias de l’hémisphère Nord arrosant l’Afrique en général, la RDC en particulier. Car, à analyser les préoccupations exprimées notamment par les Nations Unies, le pays a besoin d’une trêve, d’une sorte de «paix des braves». 

Le leadership du Président Félix Tshisekedi n’étant pas contesté à l’extérieur, il est plus que temps de favoriser la finalisation de la mise en place des Institutions nationales et provinciales issues directement ou indirectement des élections, de façon à permettre au Congo de maintenir sa présence sur l’échiquier international. 

C’est le challenge de l’alternance politique en externe. 

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.comFacebook : Omer Nsongo

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