Halte à la manipulation. Félix Tshisekedi exerce pleinement sa fonction de Président élu !

  • Il est malhonnête de lui faire porter la responsabilité de l’application de la notion sacrée de continuité de l’Etat instituée, au demeurant, par la Constitution de la République…

La semaine du 11 au 17 février 2019, quelques tabloïds paraissant à Kinshasa ont repris dans leurs colonnes l’article de Marie-France Cros (MFC) du journal «La Libre Belgique» intitulé «RDC : Félix Tshisekedi encore réduit aux affaires courantes». L’auteur écrit : «Cela pourrait durer encore un mois : le nouveau président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, s’installe au sommet de l’Etat avec un gouvernement sortant qui expédie les affaires courantes, faute d’avoir nommé un Premier ministre. Trois semaines après la première transition pacifique dans l’histoire du pays, le nouveau chef de l’Etat issu du parti historique d’opposition UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès social) gère le plus grand pays d’Afrique sub-saharienne avec l’équipe léguée par son prédécesseur, Joseph Kabila. C’est avec le chef de la diplomatie pro-Kabila, Léonard She Okitundu, que M. Tshisekedi a rencontré ses homologues africains lors de ses deux premiers déplacements à l’étranger». Jusque-là, rien d’anormal…

            L’anormal commence lorsque Marie-France Cros cite le député national Daniel Safu pour qui «Le président actuel (Tshisekedi) n’a pas le pouvoir de nommer un Premier ministre. Tout ce qu’il peut faire c’est entériner ‘le choix d’un Premier ministre par les pro-Kabila’». 

Prévoyant la sortie du gouvernement pour au plus tard «jusqu’au début du mois d’avril», M.F.C. retient : «’Autant dire que la RDC tourne au ralenti’, déplore ‘Le Potentiel’, résigné : ‘Les Congolais qui piaffent de changement doivent encore prendre leur mal en patience le temps nécessaire pour permettre aux institutions de se mettre en place conformément à la Constitution’».

            La première question, que tout esprit éveillé ne peut que se poser, est de savoir ce qu’aurait fait de différent Martin Fayulu en se retrouvant dans le même cas de figure, c’est-à-dire avec une Assemblée nationale, un Sénat et des Assemblées provinciales majoritairement Fcc ! Car l’enseignement principal à tirer des élections du 30 décembre 2018 est que tout en jouant la carte Emmanuel Ramazani Shadary à la présidentielle, Joseph Kabila a misé essentiellement sur les législativeset les provinciales.

            Pour peu qu’on fasse preuve d’honnêteté intellectuelle, on doit admettre que l’Opposition a plutôt  misé, elle, sur laprésidentielleau détriment de la députation nationale et la députation provinciale. 

            Conséquence : la coalition Lamuka a beau revendiquer la victoire de Martin Fayulu (c’est cela la vérité des urnes, dans son entendement), mais sur le terrain tout le monde reconnaît que l’Ecidé, son parti, n’a même pas pu aligner cinq députés élus pour les deux échéances. 

Tout en mettant le paquet sur la candidature de Martin Fayulu, les patrons d’Ensemble (Katumbi) et du Mlc et Alliés (Bemba) se sont investis sérieusement dans les législatives et les provinciales. Ils ont fait ce choix pour ne pas disparaître de l’espace politique. D’où, à deux, la centaine de députés nationaux élus.

Etre dans la logique d’un coup de force

            Tout le monde sait toutefois que s’il s’était retrouvé à la place de Fatshi en devenant Président de la République, MaFa n’aurait rien changé à l’ordre établi : la cérémonie d’investiture se serait déroulée au Palais de la Nation ou à la Cité de l’Union africaine, la Cour constitutionnelle serait la même autant que le dispositif protocolaire et sécuritaire et la Presse présidentielle dans sa configuration actuelle aurait couvert l’événement, tout cela au nom du principe sacré de continuité de l’Etat. De un.

            De deux, MaFa serait encadré par le même Gouvernement (celui de Bruno Tshibala) et sa première sortie (Luanda, Nairobi, Brazzaville et Addis-Abeba) serait organisée avec le concours de la même équipe diplomatique constituée notamment du ministre des Affaires étrangères, des ambassadeurs de la RDC en Angola, au Kenya, au Congo-Brazzaville et à l’Union africaine en Ethiopie) en fonction, assistés, eux, par les mêmes experts rdcongolais à avoir travaillé une année durant sur les dossiers du 32èmesommet de l’Union africaine.  

            De trois, tant que le Gouvernement ayant un Premier ministre nommé conformément à l’article 78 de la Constitution n’est pas en place, l’Equipe Bruno Tshibala a la charge de la gestion quotidienne du pays. 

            Bref, il faut être dans la logique d’un coup de force pour envisager autrementle processus de prise en mains de la gouvernance institutionnelle.

A moins de l’inciter à passer outre…

            Dans cette optique, tout soutien à Martin Fayulu signifie clairement que ce dernier n’était pas dans la logique de l’alternance politiquetelle que conçue et perçue au travers des élections du 30 décembre 2018. Ces scrutins ne seraient qu’un prétexte pour couvrir une «Révolution» à la burkinabé ou à la tunisienne. 

            Aussi, au nom de l’alinéa 2 de l’article 64, n’importe quel protagoniste congolais dans le processus électoral congolais est en droit de s’y opposer, «vérité des urnes» ou pas !

            Faire croire à partir de ce moment que Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo n’assume pas pleinement son mandat revient à lui faire le reproche de respecter et d’appliquer la Constitution de la République qui dispose à l’alinéa 2 de l’article 70, s’agissant de son investiture qu’«A la fin de son mandant, le Président de la République reste en fonction jusqu’à l’installation effective du nouveau Président élu». 

Observation : c’est exactement ce qui s’est passé le 24 janvier 2019. De un.

            De deux, aux termes de l’article 69, la Constitution dispose : «Le Président de la République est le Chef de l’Etat. Il représente la nation et il est le symbole de l’unité nationale. Il veuille au respect de la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et des institutions ainsi que la continuité de l’Etat. Il est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire, de la souveraineté nationale et du respect des traités et accords internationaux».

            Observation : c’est ce à quoi est appelé Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.

            De trois, aux termes de l’article 78, la Constitution dispose : «Le Président de la République nomme le Premier ministre au sein de la majorité parlementaire après consultation de celle-ci. Il met à ses fonctions sur présentation de la démission du Gouvernement. Si une telle majorité n’existe pas, le Président de la République confie une mission d’information à une personnalité en vue d’identifier une coalition. La mission d’information est de trente jours renouvelable une seule fois. Le Président de la République nomme les autres membres du Gouvernement et met fin à leurs fonctions sur proposition du Premier ministre».

            Observation : le Président Félix Tshisekedi est dans ce cas de figure.

            Au regard de ces observations, on ne peut pas juger l’action du Chef de l’Etat par rapport aux épates à venir. Il faut plutôt le faire par rapport aux étapes consommées

Résultat : depuis le 24 janvier 2019, Félix Tshisekedi exerce pleinement sa fonction de Président.

            En toute honnêteté, on ne peut lui faire le reproche de s’appliquer les textes légaux en vigueur. A moins de l’inciter à passer outre…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.comFacebook : Omer Nsongo

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