EDITORIAL. Pressions internes et externes suspectes

Martin Fayulu à Kinshasa, Laurent Monsengwo à Bruxelles, des leaders Lamuka à Genève pendant que des relais occidentaux comme Gérard Gerold se mobilisent via des médias dits internationaux : l’agitation qui s’observe ces temps derniers ne doit pas laisser indifférentes les têtes pensantes du Fcc et de Cach. 

En effet, à l’origine des pressions, on peut supposer le double enjeu d’installation de l’Assemblée nationale le 11 mars prochain et de composition du Gouvernement via désignation du Premier ministre dans les jours suivants. 

Aussi, d’ici au 11 mars 2019, les jours sont à redouter en ce que tout peut arriver. Dans un sens comme dans l’autre. Car, une fois la chambre basse rendue opérationnelle, l’étape suivante est l’identificationde la Majorité parlementaire allant de pair avec celle de l’Opposition tout aussi parlementaire.

C’est déjà suspect de constater la focalisation de l’attention de l’opinion sur celle-là (puisque le Premier ministre en est issu) et non de celle-ci.

Pourtant, la loi n° 07/008 du 04 décembre 2007 portant statut de l’opposition politiquetranche à son article 3 selon lequel «Les partis politiques et les regroupements politiques dans les assemblées délibérantes font une déclaration d’appartenance à la majorité ou à l’Opposition politique, auprès des bureaux respectifs de l’Assemblée nationale, du Sénat, de l’Assemblée provinciale, des conseils de ville, municipal, de secteur ou de chefferie».

Vice-Président d’«Ensemble» dont le leader est Moïse Katumbi, Pierre Lumbia, dans une déclaration faite le 26 février dernier, positionné sa plateforme dans l’Opposition parlementaire. Preuve, si besoin est, que cette plateforme reconnaît elle-même l’existence de la Majorité parlementaire au sein des assemblées délibérantes, Assemblée nationale en tête. 

***

Or, une fois la procédure d’identification entreprise, le baroud d’honneur auquel se livre Martin Fayulu pour revendiquer la «vérité des urnes» lui laissera le choix entre «vérité des armes» et «vérité des larmes». 

Il est certes vrai que la «Conférence des Leaders» – organe de conception, d’orientation et de décision prévu dans l’Accord de Genève – va se réunir le 5 mars prochain à Bruxelles. Une première depuis la proclamation par la Céni des résultats provisoires donnant Félix Tshisekedi vainqueur de la présidentielle du 30 décembre 2018. Mais, il est également vrai qu’à l’instar d’Ensemble, le Mlc de Jean-Pierre Bemba entend également  se positionner dans l’Opposition parlementaire. 

Aussi, avance-t-on lentement mais sûrement vers une Opposition parlementaire au sein de laquelle le trio bandundois «Muzito-Fayulu-Matungulu» – curieusement soutenu par le prélat bandundois Laurent Monsengwo – pourrait n’avoir aucun poids significatif. Il ne compte même pas cinq députés sur la centaine affichée. 

***

Au regard de ce qui précède, on peut avancer avec certitude que la «vérité des urnes» de Martin Fayulu est en train de vivre ses derniers jours. Aucun esprit rationnel ne voit, en effet, une « coalition Lamuka » se constituant Opposition parlementaire continuer de réclamer la victoire électorale de son ex-candidat commun.

Ex-candidat, ai-je dit ?

Exactement. Et je signe et persiste à partir de l’alternative préconisée au recompte des voix par l’intéressé lui-même, à savoir la tenue des élections dans les six mois à venir. C’est cela, sa solution pour la sortie de crise. 

Quel est cet esprit obtus et obscur prêt à croire que la «coalition Lamuka» renouvellerait facilement en faveur de Martin Fayulu la candidature commune pendant que le Président Félix Tshisekedi est en train liquider une à une les revendications de l’Opposition, notamment par rapport aux prisonniers politiques, aux exilés politiques et aux droits de l’homme ?

Notons en passant la reconfiguration en cours de l’espace politique. Une recomposition qui s’étend sur la classe politique, mais aussi sur la société civile. Même l’Eglise catholique romaine du Congo est atteinte dans sa chair avec la prise de position favorable des Evêques du Kasaï au Président Félix Tshisekedi. La Cenco est si affectée dans sa chair que les officines anti-congolaises commencent déjà à lui substituer l’Eglise du Christ du Congo ! 

***

En définitive, les pressions internes et externes exercées sur la classe politique et la société civile de la RDCongo ces temps derniers devraient interpeller l’une et l’autre. 

Constatons seulement que cela semble ne pas être le cas. 

Dire que le danger est si perceptible qu’on n’a même pas besoin d’un réveil matin ! 

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail :omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.comFacebook : Omer Nsongo

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s