Réalisme politique oblige. Le 11 mars, l’aventure Fayulu se termine lamentablement !

  • C’est le jour prévu pour l’installation du Bureau définitif de l’Assemblée nationale. Et, partant, l’application de l’article 3 de la loi n°07/008 du 4 décembre 2007 portant statut de l’Opposition politique : partis et regroupements politiques font une déclaration d’appartenance à la Majorité ou à l’Opposition…

Sauf imprévu, c’est ce mardi 5 mars 2019 que l’organe «de conception, d’orientation et de décision» de la coalition Lamuka se réunit pour la première fois depuis les élections du 30 décembre 2018. Pourtant, plusieurs occasions se sont présentées : 10 janvier dernier lors de la proclamation par la Ceni des résultats provisoires, 19 janvier lors de la proclamation par la Cour constitutionnelle des résultats définitifs, 24 janvier lors de l’investiture du Président Félix Tshisekedi à la magistrature suprême. On peut même ajouter les initiatives individuelles de Martin Fayulu comme la saisine de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples et l’envoi d’une lettre aux Chefs d’Etat et de Gouvernement ayant pris part au 32èmesommet de l’Union africaine, pour ne pas citer la campagne «vérité des urnes» à la faveur de la tournée entreprise en provinces. A l’exception d’Adolphe Muzito, on n’a entendu ni Moïse Katumbi, ni Jean-Pierre Bemba, encore moins Freddy Matungulu soutenir l’ex-candidat commun de leur coalition. Et voilà qu’à partir du 18 février 2019, les choses se mettent à bouger, mais dans le mauvais sens. DEMONSTRATION.

18 FEVRIER 2019. Gabriel Kyungu du G7-Unafecdéclare : «Lamuka était une plateforme électorale, et puisque les élections sont passées, moi, je reste à Ensemble avec un seul leader qu’est Moise KATUMBI et non LAMUKA».

20 FEVRIER 2019. Dans une interview à Radio Okapi intitulée «Kyungu wa Kumwanza : ‘Il y a un seul président de la République, Félix Tshisekedi, et c’est celui-là que nous reconnaissons’», répondant à la question de savoir s’il est vrai qu’il n’appartient plus à Lamuka, il renchérit : «Je ne vois même pas pourquoi on doit épiloguer là-dessus. Lamuka était une plateforme électorale, une association momentanée avec un sujet précis : les élections. Les élections ayant eu lieu, nous rentrons dans nos origines. Moi, mon origine, c’est Ensemble pour le changement. Je ne suis pas Lamuka et Lamuka n’est pas un ensemble de partis politiques. C’était une association pour les élections, pour un but précis. Il n’y a pas à épiloguer là-dessus». Appelé à se prononcer sur ce qui apparaît comme une volte-face de sa part, il affirme : «Il n’y a pas de volte-face. Il y a tout simplement la logique et elle est claire. Il n’y a qu’un seul chef d’Ensemble qui s’appelle Moïse Katumbi. Il ne faut pas qu’il y ait de la confusion. M. Fayulu a la Dynamique [de l’opposition] à laquelle il appartient et son parti, c’est l’Ecidé. Il ne l’a jamais caché».

20 FEVRIER 2019. Intervenant sur Top Congo Fm, Christophe Lutundula du G7-Msdddéclare : «Le président Kyungu n’a fait que traduire des évidences que commande le réalisme le plus élémentaire et l’objectivité. Aujourd’hui, il est clair et net que le président de la République, c’est Félix Antoine Tshisekedi. Si on veut se positionner politiquement soit dans l’opposition, soit dans la dynamique nouvelle du gouvernement, il faut intégrer cette donne fondamentale». Et de préciser : «Lamuka a été créé par un accord politique. Et quand on lit cet accord, Lamuka n’a été créé que pour servir de cadre de mobilisation électorale pour l’élection présidentielle. Aujourd’hui, une autre évidence, nous sommes dans Ensemble qui a été créée sur la base d’un acte constitutif valant statut. Et dans ce cadre là, une autre évidence, Moise Katumbi est le président d’Ensemble pour le changement. Lamuka, son mandat a été terminé. Si elle veut continuer le combat sous la forme d’une opposition permanente, il faut un autre accord». A la question de savoir si on peut envisager une nouvelle dynamique avec le Président Félix Tshisekedi, il répond : «Cette dynamique est là. Aller vers la dynamique, pourquoi pas ? Il faut tenir compte de cette évidence et tenir compte aussi des signaux que le président de la République enverra vers toutes les forces politiques et sociales de la République. Moise Katumbi ne peut se lancer dans des déclarations sans prendre le temps d’intérioriser cette nouvelle donne et de réfléchir. Dans tous les cas, il n’est pas ignorant de ce qui dit Gabriel Kyungu».

22 FEVRIER 2019. José Endundo du G7-Pdcenfonce le clou à propos de Lamuka. «C’était une alliance électorale. Aujourd’hui, il faut regarder vers l’avenir et faire en sorte que le pays se remette au travail… Si on veut garder une alliance politique, il faut maintenant le dire clairement qu’il y a une alliance politique post-électorale parce que Lamuka était une structure électorale avec les résultats mitigés que nous avons eus». 

26 FEVRIER 2019. Pierre Lumbi du G7-Msrinterpelle d’abord Lamuka, ensuite Martin Fayulu. «La dynamique de la vérité des urnes a atteint ses limites. Je pense qu’à la vérité des urnes comme combat va succéder le combat pour la restauration de l’Etat de droit et la consolidation de la démocratie. C’est-à-dire c’est ce que Félix Tshisekedi devra faire pour qu’en 2023 ce qui s’est passé en 2006, 2011 et 2018 ne puisse plus se reproduire. Ça c’est le combat que nous devons mener. Et si Félix a encore le réflexe que nous avions ensemble pour un Etat de droit, probablement des convergences sont possibles. Mais, pour le moment, nous pensons qu’à la lutte de la vérité des urnes doit maintenant succéder la lutte pour un Etat de droit». 

27 FEVRIER 2019. Sur Top Congo Fm, Francis Kalombo – qui commence par relever que «Félix Tshisekedi n’est pas l’ennemi de Moïse Katumbi ni son adversaire » et par affirmer que le président d’Ensemble «est toujours dans Lamuka » – déclare à son tout : «si Moïse veut quitter Lamuka, ça sera après consultation avec ces quatre autres partenaires et aussi en écoutant la base. Aujourd’hui, ce n’est pas avec un communiqué que Moïse va dire je décide de quitter Lamuka». 

28 FEVRIER 2019. Gabriel Kyungu, encore et toujours lui, lance un pavé dans la mare. «Je ne suis pas dans l’opposition vis-à-vis du pouvoir actuel, je me retrouve dans ce pouvoir», clame-t-il.

1ERMARS 2019. Stève Kivuata, porte-parole de Nouvel Elan d’Adolphe Muzito, fait état de la conférence des Leaders de Lamuka. « Il a été décidé qu’il y aura une réunion à l’extérieur du pays – probablement en Belgique – pour discuter avec les autres pairs sur les orientations du combat de la vérité des urnes que mène la coalition Lamuka. Dès le retour de Fayulu au pays, nous osons croire qu’il y aura la deuxième partie de la tournée. C’est probablement le 05 mars qu’aura lieu la réunion« .

1ERMARS 2019. L’Unafec, parti politique de Gabriel Kyungu, dit «ne plus faire partie de la plateforme électorale» Lamuka. Il réaffirme «son appartenance à Ensemble pour le changement dont l’autorité morale et demeure Moïse Katumbi Chapwe» et reconnaît en Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo le Président de la République. Mieux, il «rejette toute contestation de sa légitimité consacrée par l’arrêt de la Cour constitutionnelle»  et reste «ouvert à une coalition politique pour l’exercice actuel du pouvoir en RDC», non sans appeler «tous ses membres et cadres à soutenir le Président de la République pour l’instauration d’un Etat de droit».   

Les jours de Lamuka sont comptés

            Certes, Gabriel Kyungu n’est pas membre de la conférence des leaders Lamuka. Ces derniers sont au nombre de 5 : Moïse Katumbi, Jean-Pierre Bemba, Freddy Matungulu, Adolphe Muzito et lui-même Martin Fayulu. 

Mais, au regard des prises de position des membres du G7 (Kyungu, Lumbi, Endundo et Lutundula), de très sérieux indices incitent à croire que la plateforme Ensemble a un problème interne grave : d’un côté, certains de ses membres sont pour le rapprochement avec le Pouvoir Tshisekedi, d’autres pour l’Opposition parlementaire. 

            Aussi, avant de se rendre à cette conférence, Moïse Katumbi Chapwe a-t-il le devoir de se rassurer des intentions exactes des siens. 

            En attendant, une date va déterminer le sort de Lamuka : 11 mars 2019. Celle fixée dans le calendrier réaménagé de la Ceni pour l’installation du Bureau définitif de l’Assemblée nationale. Car l’étape suivante est de l’application de l’article 3 de la loi n°07/008 du 4 décembre 2007 portant statut de l’Opposition politique. «Les partis politiques et les regroupements politiques dans les assemblées délibérantes font une déclaration d’appartenance à la Majoritéou à l’Opposition politique, auprès des bureaux respectifs de l’Assemblée nationale, du Sénat, de l’Assemblée provinciale, des conseils de ville, municipal, de secteur ou de chefferie», dispose-t-il.

            A partir de cet instant, il sera bien difficile pour Lamuka, et surtout pour ses leaders affichés et ses soutiens anonymes, de continuer de revendiquer la «vérité des urnes» puisque ceux des partis et des regroupements Lamuka qui, à l’instar du G7, auront fait le choix de se rapprocher du pouvoir ne sauront plus appuyer la croisade Fayulu, de même que ceux qui auront rejoint l’Opposition et pour qui ce serait un non-sens que de prétendre jouer leur rôle au sein des Institutions du pays et, en même temps, poursuivre la réclamation de la victoire de l’ex-candidat commun. 

            Bref, les jours de Lamuka sont comptés pendant que l’aventure Fayulu, elle, s’achève lamentablement le 11 mars 2019. Simplement parce que «Même la bonne décision est une mauvaise décision quand est prise trop tard», avertit Lee Iococca, ex-Pdg de Chrysler. 

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.comFacebook : Omer Nsongo

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