EDITORIAL. Tshisekedi : capacité d’alternance assumée

La Constitution le mettant dans l’impossibilité d’avoir un gouvernement avant les deux mois qui suivent son investiture (24 janvier-24 mars 2019), le Président Félix Tshisekedi a trouvé dans la même loi fondamentale le moyen de fonctionner : la notion sacrée de continuité de l’Etat.

Ainsi, restant dans la légalité constitutionnelle, il (re) met en quelque sorte au boulot l’équipe gouvernementale en place, ce dans l’attente de celle qui sortira de l’actionnement de l’article 78 de la loi fondamentale. 

Sont concernés les ministères et les services impliqués dans les actions prioritaires annoncées. 

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Intitulé “PROGRAMME D’URGENCE POUR LES 100 PREMIERS JOURS DU CHEF DE L’ETAT», réalisable dans les 100 jours – délai compris entre le 24 janvier et 31 mai prochain – ce programme se veut pragmatique. Il porte essentiellement sur la sécurité, la justice, la libération des prisonniers politiques et les infrastructures prioritaires comme les voies de communication, la santé, l’éducation, l’eau et l’électricité, etc. 

D’ailleurs, le Chef de l’Etat a pris l’engagement formel d’y veiller. “«Je reviendrai face au peuple pour donner l’évaluation de la réalisation des projets qui vous seront présentés dans un instant», a-t-il déclaré.

Dans ce programme, il y a certes des projets totalement neufs, tout comme des projets “hérités” de son prédécesseur, Joseph Kabila pour ne pas le citer.

On peut faire une sorte de “tour du monde” des projets inaugurés par des chefs d’Etat ou de Gouvernement qui n’en étaient pas des initiateurs. Des monuments comme le Mur de Chine, les Pyramides d’Egypte ou du Mexique, les résidences comme Maison Blanche aux États-Unis, les ponts comme Golden Gate, Tower Bridge, les aéroports comme Charles de Gaulle n’ont pas été inaugurés par ceux qui en ont posé la première pierre.

Ainsi doit fonctionner un État normal. Celui auquel les Congolais aspirent via le processus électoral qui en est à son 3ème cycle.

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Il va sans dire que les partis politiques ont un devoir de communication à l’endroit de leurs militants. Les intérêts du parti ne sont pas forcément ceux de l’Etat et vice-versa. A moins d’évoluer dans le Parti-Etat.

Nous sommes tenus à l’obligation de le savoir : une route, un port, une école, un hôpital, un stade, une centrale hydroélectrique, un pont ayant bénéficié du financement public est d’abord un bien commun.

Autant il est alors indiqué de dire merci à l’autorité qui en assure le suivi ou l’inaugure, autant il sied de savoir dire merci à l’autorité qui l’initie.

Nous sommes tous à l’école d’apprentissage de l’alternance politique issue des urnes. Une école qui requiert tolérance. Mais aussi et surtout vigilance. Question d’empêcher les pêcheurs en eaux troubles de se livrer à leur exercice favori, “véritable sport national”, consistant à tirer le Congo par le bas, à chaque deux pas posés sans eux.

Si la base commence à réclamer, à toute rencontre avec le Président Félix Tshisekedi «Papa alobaki : Peuple d’Abord», c’est parce qu’elle a été trop abusée, faute d’une communication avertie. Elle a trop assisté, impuissante, à la remise en cause des acquis.

Le moment est sûrement venu de voir les choses autrement. D’intérioriser la notion de continuité de l’Etat.

En attendant, le Président Félix Tshisekedi a encore prouvé le samedi 2 mars 2019, Place de l’Echangeur de Limete, sa capacité de l’assurer et de l’assumer…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo@gmail.com

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