De la Maison Schengen au Centre européen des visas : La victoire diplomatique du Congo !

Chargé d’affaires a.i. à l’ambassade de Belgique à Kinshasa, Philippe Bronchain a fait le mercredi 6 mars 2019 à la presse la déclaration édifiante selon laquelle “dorénavant chaque requérant aura à négocier lui-même son rendez-vous, gratuitement via le site http://www.CEV.KIN.eu. Après avoir rempli le formulaire de demande de visa en ligne, le demandeur choisira une date de rendez-vous au CEV”. Et d’ajouter : “Cette innovation permet d’éviter de longues heures d’attente lorsque les demandeurs de visas se présentent le matin tôt pour déposer leur demande”. Il conclut : “Nous nous réjouissons du fait que des familles pourront à nouveau voyager facilement, les artistes pourront exposer leur art et les investisseurs et officiels pourront se déplacer pour explorer le potentiel de coopération entre nos pays”…

Il s’agit là d’un aveu clair : le «parcours du combattant» que l’ambassade belge – instituée autrefois “guichet unique” pour l’obtention des visas d’entrée dans les pays européens membres de l’Espace Schengen – imposait principalement aux Congolais. Surtout au Congolais lambda. 

Les pays concernés sont la France, l’Allemagne, l’Autruche, la Hongrie, l’Italie, la Lettonie, la Lituanie, la Norvège, les Pays-Bas, le Portugal, la Slovaquie, la Suède et la Belgique. On découvre, selon les propos du chargé d’affaires a.i. que “…seuls l’Espagne, la Suisse et la Grèce ne font pas parties du CEV et délivrent leurs propres visas Schengen”.

Une image avait fait à l’époque le tour des médias pour ne pas dire du monde : un agent de sécurité de race blanche, perché sur le mur de la Maison Schengen, en train de s’adresser à des Congolais dont le seul péché était de réclamer la dignité dans le traitement de leurs dossiers.

C’est que, s’il n’y avait pas eu en 2018 le bras de fer entre Kinshasa, d’une part, et, de l’autre, Bruxelles capitale de Belgique et Bruxelles siège de la Commission européenne, la Maison Schengen aurait continué à traiter les Congolais pour moins que rien !

A quelque chose, dit-on, malheur est bon. Maintenant que des cendres de cette maison naît le Centre Européen des Visas (CEV), il sied de clarifier les choses pour que la partie congolaise prenne conscience des acquis de ce bras de fer, l’objectif étant non pas que de les préserver, mais également de reconnaître aux autres le droit de brandir leur souveraineté sur certaines choses.

Egalité souveraine

Rien, en effet, n’oblige la Belgique ou la France, l’Allemagne ou le Pays-Bas d’ouvrir ses frontières aux Congolais ou aux Américains, aux Chinois ou aux Sud-Africains. C’est une question de souveraineté.

Dans cette logique, rien n’oblige la RDCongo d’ouvrir ses frontières aux Suédois, aux Italiens ou aux Portugais. C’est aussi une question de souveraineté.

Dès l’instant où elle trouve normal de voir ses ressortissants solliciter des visas d’entrée en RDCongo et même de les obtenir facilement, la Belgique doit absolument reconnaître aux ressortissants congolais le droit d’accéder à son territoire tout aussi facilement.

Après tout, l’alinéa 1 de l’article 2 de la Charte des Nations Unies dispose que “L’organisation est fondée sur le principe de l’égalité souveraine de tous ses Membres”.

Cette égalité souveraine, au nom du principe de continuité d’Etat, le Pouvoir Tshisekedi l’a heureusement assurée le 22 février 2019 dans l’Accord visant la réouverture de la Maison Schengen signé pour la RDCongo par François Beya Kasongo, conseiller spécial du Chef de l’Etat en matière de sécurité et, pour la Belgique, par Philippe Bronchain, chargé d’affaires a.i.

L’un des acquis à préserver, s’agissant du passeport diplomatique, est l’institution d’un “Mécanisme structurel d’évaluation entre la Direction Générale des Affaires Consulaires, l’Office Fédéral des Étrangers et la DGM”. 

Les États membres de l’Espace Schengen s’étant engagés à mettre en place un «Comité de pilotage regroupant les ambassades sises à Kinshasa et qui participent au dispositif commun de délivrance des visas Schengen”, ce comité, lit-on au point 5b, “sera chargé de la bonne mise en œuvre des dispositions du présent accord et de l’examen régulier des questions opérationnelles liées à l’application de la politique commune des visas Schengen en RDC”. 

Ce comité, poursuit l’Accord, “sera présidé, à tour de rôle, par les ambassades concernées, y compris l’ambassade de Belgique”.

Il y a cependant mieux en faveur de la RDCongo. C’est au point 6. Il y est rappelé que “les ambassades représentées par l’ambassade du Royaume de Belgique via le dispositif de la Maison Schengen conservent la possibilité de délivrer directement des visas Schengen aux titulaires de passeport diplomatique”.

C’est une grande victoire pour la RDCongo enfin remise sur l’orbite de la grandeur. 

En définitive, que ce soit pour le passeport ordinaire, le passeport grand voyageur, le passeport temporaire, le passeport diplomatique, le passeport diplomatique urgent, le passeport de mission ou le passeport de service, c’est la Nation congolaise qui gagne.

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

http://www.congo30juin.comFacebook : Omer Nsongo

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