EDITORIAL. Coalition Lamuka : aucune envie de se retrouver ?

A quand la prochaine «Conférence des Leaders» de la coalition Lamuka après le premier report du 5 mars 2019 ? Elle serait envisagée vers le 20 mars prochain.

Pour l’heure, on sait seulement que Martin Fayulu est en tournée en Occident. Après la Belgique où il a été accueilli en triomphe à l’aéroport de Zaventem le 7 (lire «AMUSONS-NOUS UN PEU !»), il s’est envolé le 9 mars pour les Etats-Unis dans le cadre de sa croisade sur la «Vérité des urnes». 

Entre-temps, Félix Tshisekedi, déclaré le 10 janvier élu par la Ceni et investi le 24 janvier Président de la République par la Cour constitutionnelle après proclamation par celle-ci des résultats définitifs le 19 janvier, entreprend bientôt une tournée euro-américaine. Et en plus, il est en train de réaliser une à une ses promesses de campagne et même d’investiture, renouvelées le 2 mars lors de la présentation de son programme d’urgence pour les 100 premiers jours de son mandat, à savoir libération des prisonniers politiques et d’opinion ainsi que retour des exilés. 

Parmi ces derniers, le célèbre cas emblématique Moïse Katumbi en possession, depuis le 8 mars 2019, de son passeport biométrique.

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Au fait, rien ne justifie le deuxième report de la «Conférence des Leaders» pour une rencontre décisive initialement prévue le 24 février 2019 et remise au 5 mars dernier.

Pourtant, elle aurait dû se tenir au lendemain même de la proclamation, par la Centrale électorale, des résultats provisoires de la présidentielle, c’est-à-dire le 10 janvier. 

En effet, au point 9 de l’article 4 de l’Accord de Genève du 11 novembre 2018, il est convenu de «Rediscuter, à la Conférence des leaders, de la suite de la candidature en cas de non tenue de l’élection présidentielle du 23 décembre 2018, ou des changements majeurs intervenus dans l’environnement politique».

Or, dès le 11 janvier 2019, les résultats publiés ont été qualifiés de non-conformes par la coalition Lamuka. D’où la saisine de la Cour constitutionnelle.

Depuis, voici exactement deux mois (11 janvier-11 mars) que la «Conférence des Leaders» ne manifeste aucune envie de se retrouver pour débattre et des contentieux électoraux (présidentielle, législatives et provinciales) et du sort de Martin Fayulu pour ne pas parler du devenir de la coalition !

D’ailleurs, les observateurs avertis l’ont constaté : la saisine de la Cour constitutionnelle, la saisine de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuple, la lettre aux Chefs d’Etat et de Gouvernement réunis au 32èmesommet de l’Union africaine en février dernier et la croisade en cours pour la «Vérité des urnes» et au pays et à l’étranger sont toutes des initiatives personnellesde MaFa. On ne sent pas l’accompagnement des leaders comme Jean-Pierre Bemba et Moïse Katumbi.

Ce qu’il y a des problèmes…

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Au nombre desquels, on s’en doute, la position de la «frange katangaise» du G7 et d’Ensemble. 

Pas plus tard que la nuit du vendredi 8 au samedi 9 mars 2019, le Président Félix Tshisekedi a échangé, au cours d’un repas à la Cité de l’Union africaine, avec une délégation forte de la communauté du Grand Katanga conduite par Gabriel Kyungu qui, lui, n’entend pas rejoindre l’Opposition.

N’ayons pas la mémoire courte : à Genève, la «géopolitique à la congolaise» à tout donné à l’Ouest : présidence de la Républiqueprésidence de l’Assemblée nationale,présidence du Sénatprimatureet même Banque centrale

Qu’a-t-on laissé à l’Est, et principalement à Moïse Katumbi ? Juste la Vice-primature aux Finances et à l’Economie. 

Quoi de plus normal que soit boudée toute «Conférence des Leaders» de la coalition Lamuka qui ne remettrait pas en pole position le «G7» dont plusieurs membres se prononce pour le rapprochement de la coalition Cach, donc la coalition Cach-Fcc !

En recevant son passeport biométrique, Moïse Katumbi se sait redevable à Félix Antoine Tshisekedi qu’il a présenté comme son candidat favori en lieu et place de Martin Fayulu. 

Aucun esprit rationnel ne le voit animer une Opposition – républicaine soit-elle – qui mènerait la vie dure au Pouvoir Fatshi.

Que va-t-il alors rester de «Lamuka» sans Katumbi ?

Plutôt une affaire de l’Ouest, et encore d’une partie de l’ex-Equateur et d’une partie de l’ex-Bandundu, qu’une affaire nationale congolaise… 

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.comFacebook : Omer Nsongo

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