Le carnet diplomatique du Président. Le Chef de l’Etat à Nairobi, le Directeur de cabinet à Kigali

Kenya: rencontre entre le président français et son homologue de RDC

Emmanuel Macron et Félix Tshisekedi se sont finalement rencontrés au Kenya. Les présidents français et congolais ont partagé mercredi 13 mars au soir un dîner avec leur homologue kényan, à Nairobi. Une rencontre tripartite qui n’était pas prévue mais les trois hommes ont voulu aller de l’avant.

Les élections contestées en RDC restent dans les mémoires «mais il faut avancer», dit-on à l’Elysée. Emmanuel Macron et Uhuru Kenyatta, visiblement sur la même longueur d’onde, ont demandé à leur homologue congolais de prendre son indépendance vis-à-vis de l’ancien président Joseph Kabila, au moment où on attend toujours la nomination d’un premier gouvernement. «Il faut un cabinet d’ouverture, qui donne de la place à l’opposition et aux camps de Martin Fayulu et Moïse Katumbi notamment», indique une source diplomatique.

Etant donné le caractère toujours contesté de la présidentielle congolaise, les partenaires de Kinshasa demandent des gages de bonne volonté à Félix Tshisekedi. Vis-à-vis de l’Union européenne, c’est notamment la réouverture de la Maison Schengen. Elle avait fermé en février 2018 à la demande du ministre congolais des Affaires étrangères de l’époque, Léonard She Okitundu, en pleine crise diplomatique entre le Congo et la Belgique. Or, cette représentation consulaire, gérée par Bruxelles, était commune à 17 pays et délivrait des visas européens aux Congolais.

Autre gage demandé : concernant la Monusco. Le mandat de la force onusienne en RDC doit être renouvelé ce mois-ci. «Il faut un dialogue avec l’ONU pour savoir quel rôle elle jouera dans l’avenir. C’est une préoccupation majeure», dit-on à l’Elysée, citant la situation dans l’Est, à Beni, ou encore l’épidémie Ebola. Visiblement, Félix Tshisekedi a écouté ses partenaires, mais n’a pas fait de promesse. «Le président congolais a des équilibres compliqués à respecter», explique la présidence française.

Rfi, 14 mars 2019

Sommet mondial sur le climat : F. Tshisekedi depuis hier à Nairobi

Le Chef de l’Etat congolais, Félix Antoine Tshisekedi, se trouve depuis hier mercredi 13 mars 2019 à Nairobi, au Kenya où il prend part à un sommet mondial sur le climat, officiellement baptisé «One Planet Summit».. Il s’agit, en fait, de la 4me Assemblée Générale des Nations Unies sur l’Environnement et le Changement climatique.

Selon l’agenda du jour, le Président de la République Démocratique du Congo devrait présenter, ce jeudi, devant un parterre de participants, dont les présidents kenyan Uhuru Kenyatta, français Emmanuel Macron, et malgache Andry Rajoelina, ainsi que de nombreux chefs et membres des gouvernements, de managers d’entreprises et d’experts en environnement, un exposé en rapport avec le thème de circonstance, à savoir «Investir dans l’une des plus grandes richesses africaines : la protection de la nature».

           Le Chef de l’Etat devrait se sentir d’autant à l’aise dans l’exploitation d’un tel thème que son pays, la République Démocratique du Congo, est fichée comme le «2èmepoumon» de la planète, compte tenu de ses immenses réserves forestières. Le Bassin du fleuve Congo représente, avec celui de l’Amazonie, au Brésil, un des grands espoirs pour la régulation du climat au niveau planétaire.

           Il est bon de retenir, dans la foulée de ce nième forum sur le climat, que l’Afrique n’émet que 4% des gaz à effet de serre, qui constituent une terrible menace pour l’espèce humaine. Et pourtant, 65% des victimes des changements climatiques vivent sur notre continent.

           On signale, en marge de cette rencontre, un tête-à-tête, ce jeudi, entre Félix Tshisekedi et son homologue français, Emmanuel Macron. On croit savoir que ce sera pour parler de coopération bilatérale, mais aussi de la contribution de la RDC dans la préservation de la biodiversité à l’échelon mondial.

Kimp, Le Phare, 14 mars 2019

Kamerhe sur sa mission au Rwanda : “Le président Tshisekedi ne peut pas dormir tranquillement tant qu’il sait qu’au Nord-Kivu, Sud-Kivu…les gens continuent à mourir

Le directeur de cabinet du chef de l’État a indiqué mercredi 13 mars dernier sur les antennes de la Radio Télévision Nationale Congolaise, “RTNC”, que sa rencontre avec le président rwandais Paul Kagame était essentiellement axée sur la sécurité. Selon Vital Kamerhe, le président de la République Démocratique du Congo veut instaurer la paix dans le pays.

J’étais porteur du message du président de la République auprès de son homologue du Rwanda Paul Kagame justement parce que lors de son investiture, il avait dit qu’il allait instaurer avec la collaboration de tous ses pairs, la paix dans la région des Grands Lacs et surtout une coopération gagnant-gagnant avec tous les voisins”, a indiqué Vital Kamerhe.

À en croire Vital Kamerhe, le présidentde la République Démocratique du Congo, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a fait de la paix sa priorité. “Il s’est agi essentiellement de la sécurité. Le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo ne peut pas dormir tranquillement tant qu’il sait qu’au Nord-Kivu, Sud-Kivu, dans l’Ituri, Kasaï Central…les gens continuent à mourir. Il a fait de la paix sa priorité. Et comme vous le savez, sur notre territoire il y a des groupes étrangers qui viennent du Rwanda, du Burundi et de l’Ouganda”, renchérit Kamerhe.

Le directeur de cabinet du chef de l’État souligne en outre que cette mission était aussi pour présenter les plans que Félix Tshisekedi voudrait partager avec ses pairs pour justement rétablir la paix et atteindre le développement dans la région des Grands lacs.

Rappelons par ailleurs que c’est le mardi 12 mars dernier, que Vital Kamerhe directeur de cabinet du président Tshisekedi a fait le déplacement de Kigali pour rencontrer le président rwandais Paul Kagame.

Jephté Kitsita, 7sur7.cd, le 14 mars 2019

Pour des relations normales avec le Rwanda

« La politique d’un Etat est dans sa géographie« , disait Napoléon. Impossible donc de faire comme si le Rwanda n’existait pas. Ignorer ce pays, ce serait prendre dangereusement des libertés avec la réalité.

En envoyant son hyper directeur de cabinet « déminer les collines » avant son propre déplacement pour Kigali, Félix-Antoine Tshisekedi est dans la realpolitik. Le Rwanda n’est, bien évidemment pas, la tasse de thé des Congolais. Le pouvoir de Paul Kagame n’étant pas étranger à la déstabilisation de l’Est du pays sur fond de pillage des ressources, de tueries à vaste échelle… La facture est lourde.

En même temps, comment booster l’Est du pays -en particulier les Kivu- sans de bonnes relations avec le Rwanda? Comment exploiter les richesses contenues dans le lac Kivu, notamment le gaz méthane sans se rabibocher avec ce pays  » très voisin » ?

Autant de questions de fond qui font de l’entente avec Kigali non pas une option, mais un impératif existentiel pour Kinshasa. Pour autant, ce ne serait certainement pas en passant par pertes et profits tous les préjudices subis par la RDC que l’on solderait le lourd contentieux entre les deux pays. Ce ne serait pas non plus en concoctant d’autres accords officieux sur tel ou tel aspect sécuritaire que l’on assainirait la base d’une relation normale.

En clair, le nouveau pouvoir rd congolais gagnerait en crédit comme en clarté s’il mettait tous les sujets sur la table. Et ce, au grand jour. Ne plus marquer nos relations avec le Rwanda du sceau de l’ambiguïté. Or, ainsi que l’écrivait le mémorialiste français du XVIIème siècle Paul de Gondi, on ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment.

Du reste, plus d’une fois, Paul Kagame a su profiter de l’opacité qui entoure certains pans de rapports entre Kinshasa et Kigali pour « justifier » ses atteintes à l’intégrité du territoire congolais. 

Vivement des relations de bon voisinage empreintes de respect mutuel !

José Nawej, Forum des As, 14 mars 2019

RDC – Rwanda : Félix Tshisekedi se rendra à Kigali le 26 mars

Le président congolais est attendu à Kigali le 26 mars prochain pour sa première visite au Rwanda, la première d’un chef d’État congolais depuis 2016, signe que les relations historiquement compliquée entre Kigali et Kinshasa semblent s’améliorer.

Félix Tshisekedi est attendu à Kigali le 26 mars pour ce qui sera la première visite officielle d’un président congolais au Rwanda depuis le déplacement de Joseph Kabila à Rubavu, dans l’ouest du pays, en août 2016. L’information a été confirmée par le ministre des Affaires étrangères rwandais Richard Sezibera. «Les relations bilatérales entre le Rwanda et la RDC s’améliorent de mieux en mieux, tant au niveau sécuritaire qu’en matière de commerce. Tshisekedi et Kagame ont convenu de renforcer la coopération entre les deux pays et nous leurs en sommes reconnaissants», a souligné le chef de la diplomatie rwandaise selon des propos rapportés par la presse rwandaise. 

La visite a été confirmée à l’issue d’un déplacement à Kigali du directeur de cabinet de Félix Tshisekedi, Vital Kamerhe qui a rencontré Paul Kagame mardi 12 mars. Félix Tshisekedi participera notamment à l’Africa CEO Forum qui se tiendra à Kigali les 25 et 26 mars prochains.

Deuxième rencontre

Ce voyage sera l’occasion d’une deuxième rencontre entre le président rwandais et son homologue congolais après un premier tête à tête lors du dernier sommet de l’Union africaine, le 17 janvier à Addis-Abeba. Du côté de Kigali, on souligne une bonne entente entre les deux hommes et «notamment autour des questions économiques et sécuritaires», précise une source officielle rwandaise.

Cette coopération plus efficace entre deux pays aux relations historiquement difficiles ne date pas de l’arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi : l’arrestation mi-décembre de deux cadres des FDLR et leur extradition un mois plus tard vers le Rwanda y ont notamment contribué. Le contexte n’était pourtant pas favorable au moment de la prise de fonction de Félix Tshisekedi, fin janvier.

Le 17 janvier dernier, au siège de l’Union africaine à Addis-Abeba, neuf chefs d’État africains réunis à l’initiative de Paul Kagame, président de l’UA à l’époque, s’étaient entendus pour exprimer de «sérieux doutes» sur la transparence de la victoire de Félix Tshisekedi et avaient appeler à «suspendre» la proclamation des résultats de l’élection présidentielle. Paul Kagame devait, en tant que président en exercice de l’organisation, mener le 21 janvier une délégation de cinq chefs d’État dans la capitale congolaise pour des consultations. Fortement critiquée par Kinshasa, la visite avait été annulée in extremis après d’intenses tractations diplomatiques.

Romain Gras, Jeune Afrique, 13 mars 2019

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s