EDITORIAL. Fayulu à la recherche d’une crise pour impliquer l’Occident…

«Je continue à me battre. Je parcours le Congo, je suis allé dans le Kivu, dans le Kwango, le Kwilu et le Congo central et, maintenant, j’entame une tournée à l’extérieur pour rencontrer les Congolais mais aussi les autorités des pays que je vais visiter», répond Martin Fayulu à la question «que comptez-vous faire malgré la décision de la Ceni et le rejet de vos recours par la Cour constitutionnelle ?». A la question suivante de savoir quel est l’objectif de sa démarche, il déclare : «Tenter de trouver une solution à la crise de légitimité que Monsieur Nangaa (le président de la Ceni) a fait naître et qui a été confirmée par la Cour constitutionnelle. Si je vais à la rencontre de mes compatriotes, au pays et à l’étranger, c’est aussi pour leur dire qu’il faut garder confiance dans la démocratie. Pour eux, pour nous, les élections, c’était un moment important. Il ne faut pas que les Congolais perdent confiance dans la démocratie».

Ces propos sont extraits de l’interview intitulée «Martin Fayulu : « C’est Joseph Kabila qui dirige toujours tout», recueillie pour le compte du journal «La Libre» par Hubert Leclercq, interview parue le 10 mars 2019. 

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C’est alors clair : l’ex-candidat de la coalition Lamuka à la présidentielle parcourt le monde, précisément l’Europe (ex-Occidentale) et l’Amérique du Nord, pour solliciter une intervention. 

Normal : l’Accord de Genève est le fruit d’un parrainage tentaculaire.

Martin Fayulu demande à ceux qui lui ont fait roi de décider de son devenir. 

Le plaidoyer en sa faveur fait par les Présidents Macron et Kenyatta à Nairobi en marge du sommet sur l’Environnement tenu les 13 et 14 mars 2019 en est la preuve. «Il faut un cabinet d’ouverture, qui donne de la place à l’opposition et aux camps de Martin Fayulu et Moïse Katumbi notamment», rapporte Rfi dans sa dépêche intitulée «Kenya: rencontre entre le président français et son homologue de RDC»

Effectivement, le décor institutionnel qui se met en place n’est pas pour faire de lui un acteur majeur. 

N’en déplaise à ses proches : s’il a été validé député national, c’est parce qu’il était en même tempscandidat à la présidentielle et candidat aux législatives. Or, il a renoncé à son mandat parlementaire.

Ne voulant être de l’Opposition parlementaire, il ne pourra même pas se targuer de l’Opposition extra-parlementaire en raison du statut qu’il fait valoir, celui de «Président de la République élu». Partant, il ne peut nullement prétendre au statut de porte-parole de l’Opposition.  

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Que lui reste-t-il à faire, si ce n’est croiser les doigts en espérant l’échec hypothétique de la coalition Fcc-Cach !

Face à cette évidence, quelle solution escompte-t-il de la crise ?

D’emblée, les conditions qu’il évoque, à savoir le recomptage des voix et/ou la reprise des élections présidentielle, législatives et provinciales, sont par avance exclues, même si dans sa réponse à la question de savoir si un retour aux urnes est vraiment envisageable. «Aujourd’hui, nous avons un fichier électoral qui doit être assaini et, pour ce faire, il faut appliquer les recommandations des experts de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). On change la composition de la Ceni, on change la composition de la Cour constitutionnelle et nous n’avons plus beaucoup de millions de dollars à dépenser pour retourner aux urnes. Admettons que cela coûte 200 ou même 300 millions de dollars, il faut faire un calcul de coûts d’opportunité. Deux cents à trois cents millions de dollars par rapport à ce qu’on est en train de perdre». Et de conclure : «Il y a quelqu’un qui est là depuis plus d’un mois mais le pays n’avance pas. C’est un climat délétère. Aucun investisseur ni intérieur, ni extérieur ne peut investir aujourd’hui au Congo».

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Il reste la «tradition congolaise» dans l’absorption de toute crise politique à haute intensité : le dialoguedébouchant généralement sur la mise en place des Institutions sui generis.

Dans cette perspective, on voit mal Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo se désister en faveur de Martin Fayulu ! 

Va-t-il se résigner à la «vice-présidence de la République», un poste à créer ?

La condition sine qua non est la révision de la Constitution.

Peut-être prendrait-il la présidence ou la vice-présidence de l’Assemblée nationale ou du Sénat, sinon la  primature !

Dans cette perspective, il réduira sa «vérité des urnes» à une simple course au pouvoir.

Rationnel, l’Occident n’en tirera que cette évidence… 

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.comFacebook : Omer Nsongo

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