One Planet Summit. Le Président Tshisekedi a plaidé pour un «Green New Deal»

  • But : démultiplier nos efforts et de prendre au sérieux la lutte contre les changements climatiques en Afrique en général et en RDCongo en particulier

Les 13 et 14 mars 2019, le Chef de l’Etat a pris une part active au 3èmesommet de «One Planet», structure se voulant «une coalition de mobilisation et d’action qui rassemble, selon des modalités propres à chaque initiative, des acteurs étatiques et non-étatiques sur tous les continents». A l’instar de ses collègues E. Macron de la France et A. Rajoelina de Madagascar, il a ainsi répondu positivement à l’invitation du Chef de l’Etat kenyan, Uhuru Kenyatta, hôte du sommet. Seul Président d’un pays du bassin du Congo présent aux assises – pays abritant à lui seul 63 % de la forêt équatoriale africaine – Félix Tshisekedi va porter le discours le plus attendu du sommet. Il l’a fait le 14 mars en présence de plusieurs personnalités des organisations internationales comme les Nations Unies et de la Société civile dont les opérateurs économiques, les défenseurs de l’Environnement, etc. Que retenir de la prestation du Chef de l’Etat congolais ?

            Comme le titre l’indique, le Président Félix Tshisekedi a lancé l’initiative «Green New Deal» en faveur de l’Afrique et de la RDC. But : démultiplier les efforts et  «prendre au sérieux la lutte contre les changements climatiques». Il a estimé que «La finance climat ne pourra redresser seule ces défis qui sont les nôtres» et que «L’ensemble des acteurs et des ressources doit œuvrer à l’atteinte de ces objectifs conjoints».

            Aussi, a-t-il invité les partenaires de la communauté internationale ainsi que du secteur privé et financier «à établir conjointement une feuille de route pour mettre en œuvre ce Green New Deal pour le développement durable et la préservation des forêts africaines ». Pour le Chef de l’Etat, cette feuille de route est à présenter «au Sommet Climat en marge de l’Assemblée Générale des Nations Unies, en septembre 2019»/ Elle doit «poser des actions concrètes pour relever ce défi considérable qui est le nôtre».Faisant observer l’existence des stratégies et des plans d’action, le Président de la République est d’avis qu’«il est désormais urgent de les mettre en œuvre dans un effort concerté au bénéfice de notre planète».

            Pour circonscrire sa foi dans la question devenue vitale de l’Environnement, il s’est exprimé deux fois déjà à ce sujet entre janvier et mars 2019.

            La première, à l’occasion de son investiture en qualité de Président de la République le 24 janvier 2019. Abordant cette question, il déclare : «Par sa situation géographique et en considération des enjeux géostratégiques de ses richesses naturelles et de son capital humain, la République Démocratique du Congo porte une espérance pour l’Afrique et le monde. En effet, avec ses quatre-vingts millions d’habitants, ses diverses et innombrables ressources naturelles, son bassin hydrographique riche, sa forêt équatoriale dense ; capable d’apporter une solution aux enjeux climatiques, notre pays est un véritable atout pour les pays de la région, pour l’Afrique et pour notre planète».

            La deuxième date est le 15 février 2019lors de l’échange des vœux avec le corps diplomatique. «La République Démocratique du Congo compte affirmer son leadership dans les domaines où elle dispose des potentialités particulières», dit-il, évoquant à cet effet les potentiels forestier, énergétique  et minier. 

«Mon Gouvernement privilégiera ainsi le dialogue et une franche coopération dans la résolution de différentes préoccupations touchant à ses ressources naturelles», s’engage-t-il. 

            La troisième date, naturellement, est le 14 mars 2019, cette fois à Nairobi au «One Planet Summit».  « Mon pays, la RDC, qui abrite aujourd’hui 63% des forêts tropicales du Bassin du Congo, soit plus de 47% des forêts denses humides du continent africain, perd chaque année 1 million d’hectares de forêts, du fait de l’action humaine. Si nous n’y prenons garde, cette forêt, vitale pour l’avenir de la planète, disparaitra à l’horizon 2100», prévient-il avant de tirer la sonnette d’alarme en ces termes : «La perte du couvert forestier du Bassin du Congo déstabilisera l’ensemble de l’écosystème du continent africain. La forêt d’Afrique Centrale est le poumon vert et bleu d’un continent déjà traversé de grandes fragilités. Elle constitue une barrière naturelle à la sahélisation de la sous-région, à la montée de phénomènes de sécheresse intense et de pressions migratoires tout aussi considérables. Il est scientifiquement établi que la densité pluviométrique du continent provient de cette forêt tropicale, et que sa portée atteint l’extrême Est du continent jusqu’aux confins de l’Ethiopie. Nous n’avons pas le droit de laisser les défis liés à la sécurité alimentaire s’aggraver en Afrique, au contraire il est de notre devoir d’apporter des solutions, des solutions urgentes et durables».

            Pour être bien compris de tous et par tous, il affirme : «L’enjeu est planétaire, car il en va de la préservation des écosystèmes aux niveaux mondial et africain».Mais, auparavant, il met l’accent essentiellement sur le continent africain. «La réussite des engagements climatiques mondiaux passe nécessairement par la réussite du développement de l’Afrique. Le développement de notre continent sera durable ou ne sera pas», dit-il.

            D’où, après le constat de la trajectoire périlleuse dans laquelle se trouve engagée la planète Terre trois ans après l’Accord Paris, le questionnement essentiel de savoir «…qu’avons-nous à offrir, nous pays africains, dans cette lutte globale ?» et «Quelle peut être notre contribution à cet effort mondial alors que nos pays se trouvent à la croisée des chemins en termes de développement économique et social ?». 

            Pour le Chef de l’Etat congolais, «La réponse se trouve dans la protection du capital inestimable qui est le nôtre. Celui de nos terres et de nos ressources naturelles».

Les 6 urgences pour l’Afrique

L’expérience rendant sage, l’Afrique, relève-t-il, doit cesser de «répéter les erreurs du passé», notamment la reproduction «des modèles de développement avides en utilisation des terres». L’Afrique doit plutôt apprendre à faire face aux défis nombreux qui sont les siens. Dont « celui de la sécurité alimentaire, de la diversification économique et de la réduction de la pauvreté, cela en basant ses modèles de développement sur une utilisation durable et rationnelle de ses terres, eaux et forêts.

            Le Président Félix Tshisekedi retient à cet effet que la déforestation résultant des changements fréquents dans l’utilisation des terres arables est à l’origine de 10 % des émissions nettes au niveau mondiale. Soit le double depuis 2000.  «Or, la forêt d’Afrique Centrale représente le second bassin forestier tropical humide au monde», souligne-t-il, non sans marquer son dépit de considérer que la communauté internationale privilégie plutôt la préservation des forêts du bassin amazonien et sud-est asiatique, ce en réponse aux «phénomènes de conversion des terres sans précédent ayant eu cours dans ces régions».

«…il est urgent de réserver la place qu’il se doit et de porter une attention accrue aux forêts d’Afrique Centrale. Jusque-là préservée, notre forêt est en train de disparaitre à un rythme inquiétant et inégalé», dit-il aux «décideurs».

Aux Africains particulièrement, le Président Félix Tshisekedi rappelle clairement que «Le manque de productivité du secteur agricole et le retard dans le développement d’une offre d’énergie électrique moderne expliquent l’essentiel de la déforestation dans le bassin du Congo».

Aussi, les exhorte-t-il, primo, à «faire de la gestion durable de nos terres, de nos ressources forestières et naturelles, le socle de toutes nos actions en faveur du développement», secundo, à  «mobiliser et (…) coordonner l’ensemble des secteurs et des acteurs dans la mise en œuvre de cette vision, au travers de plans et programmes concrets intégrant dans chaque secteur la protection de nos forêts et de nos écosystèmes», tertio, à «mettre en œuvre les réformes nécessaires pour faire de la bonne gouvernance la clé de voûte d’une gestion durable de nos ressources», quarto, à «diversifier nos économies en nous dotant d’une vision spatialisée de notre trajectoire de développement», quinto à  «développer notre agriculture et les cultures pérennes en promouvant une affectation rationnelle de nos terres et en orientant les investissements vers l’atteinte des objectifs de développement durable», sexto,  à «fournir une énergie durable pour tous».

« …les enjeux sont de taille »

Ces urgences, il les traduit en ambitions pour son pays qu’il appelle d’ailleurs à poursuivre «avec un engagement renouvelé et renforcé ses efforts visant à concrétiser la lutte contre la déforestation et les changements climatiques».

Dans cette optique, il rappelle l’engagement, pris dans le cadre de son programme politique, de «mettre en place une charte nationale de l’environnement et du développement durable pour décupler les efforts en matière de promotion des Objectifs du Développement Durable et de l’Accord de Paris». 

Durant son mandat, va-t-il déclarer, «l’environnement, dont la protection des forêts en particulier, cessera d’être cantonné à un pilier du développement, pour devenir le socle de l’ensemble de nos actions». Ces actions consistent à mettre en œuvre des «objectifs fixés par notre Stratégie nationale REDD+» et de respecter les «engagements pris sous la CCNUCC et dans la Lettre d’Intention» signée avec les partenaires de l’Initiative pour la Forêt de l’Afrique Centrale (CAFI). Les partenaires concernés sont, entre autres, la France, la Norvège, l’Union Européenne, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, les Pays- Bas, Corée du Sud, la Banque Mondiale, le PNUD et la FAO.

            Le Chef de l’Etat va profiter de l’occasion pour annoncer l’enclenchement du processus d’adhésion de la RDC au «Global Green Growth Institute», l’objectif étant de «bénéficier de son expertise pour concevoir et mettre en œuvre une stratégie nationale de mobilisation des financements à la hauteur des enjeux».

            Dans le cadre de promotion de la croissance de l’économie verte, l’Afrique – dont le Congo – a besoin des partenaires au développement dont précisément ceux du secteur privé, donc de la Société civile. «Nous avons besoin que la cohérence et la coordination de nos efforts ne soient pas des vœux pieux mais se concrétisent en actions», révèle le Président Félix Tshisekedi, convaincu de l’impossibilité d’une action isolée si on veut relever le défi global et faire face urgences auxquelles l’humanité est confrontée. 

«En tant que Chef d’Etat, je dois répondre aux besoins d’une population qui souffre d’extrême pauvreté. Ne pêchons pas par naïveté, les enjeux sont de taille, les solutions complexes et certains arbitrages seront douloureux. Seules une mobilisation et une coordination sans précédent des efforts et des investissements nous permettront d’œuvrer au développement des pays de la région, à la réduction de la pauvreté et à la préservation de ce patrimoine global, celui de la forêt de l’Afrique Centrale et de sa biodiversité», déclare-t-il, plaidant de ce fait pour le «Green New Deal».

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.comFacebook : Omer Nsongo

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