BALISES. Fatshi comme de Gaulle : «Les États n’ont pas d’amis. Ils n’ont que des intérêts !»



Arrivé dans la capitale des États-Unis la nuit du 2 au 3 avril 2019, le Président de la République a entrepris la journée du 3 avril ses premiers contacts avec les officiels américains. 
Pour ce jour, le programme prévoyait une rencontre avec Rick Perry, secrétaire d’Etat à l’Energie, un déjeuner avec Peter Pham, envoyé spécial des Etats-Unis dans les Grands Lacs, une rencontre avec Mike Pompeo, secrétaire d’Etat, et une rencontre avec la chambre du commerce.
Ce jeudi 4 mars 2019, d’autres rencontres sont prévues. Notamment des réunions avec les dirigeants du Congrès et du monde des Affaires, suivies d’un tête-à-tête avec Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants des Etats-Unis, et les membres du Caucus noir du Congrès. 
Il en sera ainsi pendant son séjour aux États-Unis, la dernière rencontre programmée étant avec la Diaspora.
D’emblée, il est utile de relever le fait que le dernier séjour d’un Chef d’Etat congolais à Washington remonte à 2014, et encore dans le cadre multilatéral du premier et unique sommet Usa-Afrique tenu jusque-là, sur le modèle des sommets Ue-Afrique, Chine-Afrique, Japon-Afrique, Inde-Afrique.
En bilatéral, le tout dernier séjour date de2005et non en 2001 comme indiqué sur WhatsApp. C’était sous le 1+4. Joseph Kabila avait été reçu à la Maison Blanche par Georges Bush. Depuis, plus rien…
C’est dire l’importance de toute nouvelle visite d’Etat ou visite de travail d’un Chef d’Etat congolais au pays de l’Oncle Sam.
Il y a lieu de souligner, pour l’opinion moins avertie, que ce genre peut être à l’initiative du pays qui veut se faire inviter ou à l’initiative du pays qui veut inviter.
S’agissant de celle du Président Félix Tshisekedi, ce qui est déterminant, à dire vrai, c’est la volonté de rapprochement. MieuxDUrapprochement.
Il est de notoriété publique que depuis quasiment 2007 – année d’annonce du contrat chinois– les relations entre Kinshasa et Washington n’ont cessé d’évoluer en dents de scie.
Entre 2015 et 2018, elles se sont carrément dégradées à cause des sanctions américaines prises à l’endroit de certains officiels congolais dans le cadre soit des droits de l’homme, soit du processus électoral.
L’Opposition et la Société civile, principalement la Cenco et les mouvements pro-démocratie, ont joué le rôle connu de l’opinion.
Qu’il se nomme alors Fayulu ou Tshiani, Kikuni ou Luntadila, Ifoku ou Tshisekedi, voire Shadary, tout vainqueur de la présidentielle du 30 décembre 2018 savait en Washington le passage obligé pour rentrer dans le giron de la diplomatie occidentale.
Aucun, mais alors aucun n’aurait attendu calmement dans son coin une invitation de la Maison Blanche qui pouvait venir ou ne pas venir à temps.
Au demeurant, avec son système économique libéralisé, l’Amérique n’a pas un centre de décisions (genre guichet unique) agréé pour ses investisseurs.
En plus, à ce qu’on sache, la RDC n’est pas dans la liste des pays interdits d’affaires avec ou pour des investissements américains.
Partant, le Congo-Kinshasa est et reste fréquentable.
Que le Chef de l’Etat ait choisi les États-Unis pour son premier séjour en Occident et qu’il l’ait placé principalement dans le cadre des affaires, c’est du pragmatisme en diplomatie.
Aussi, tapis rouge ou pas, Maison Blanche ou pas, garde d’honneur ou pas, l’essentiel se situe dans la volonté de normalisation des relations diplomatiques.
Certains pays l’ont fait avec les sports, d’autres avec les animaux emblématiques, d’autres encore avec les arts…
Quoi de plus normal que la RDC – sous Félix Tshisekedi – ait choisi les affairesdès lors que les États-Unis, par la voix de Bill Richardson, nous ont révélés depuis 1997 «La République Démocratique du Congo revêt une très grande importance pour les intérêts des États-Unis en Afrique. La RDC est essentielle pour ce qui est des intérêts américains parce qu’elle est appelée à devenir le moteur de la croissance en Afrique centrale, en raison de sa situation stratégique. La RDC offre des possibilités immenses pour ce qui est de son développement économique et des investissements américains : elle possède 13 % des réserves hydroélectriques du monde, 20 % des réserves de cobalt du monde, 18 % des réserves de diamant à usage industriel du monde, 6 % des réserves du cuivre du monde, des sols fertiles pour l’agriculture…, et enfin la moitié des forêts tropicales d’Afrique».
Relevons sur ces entrefaites que l’ambassadeur, c’est fait pour des marchés des pays d’accréditation au profit des pays d’origine et non pour de la figuration. Un diplomate qui ne rapporte rien à son pays en termes d’investissements n’est pas bien coté par son gouvernement. Tim Hammer le sait, et il est de tous les rendez-vous de Fatshi à Washington. C’est lui qui signale dans sa communication du 27 mars 2019 l’intérêt pour les investisseurs américains de revenir en RDCongo.
Moralité : l’époque du débat de rue pour Félix Tshisekedi étant révolue, l’ex-président ou président honoraire de l’Udps et l’ex-candidat commun de la coalition Cach est maintenant Chef d’Etat. Il est pleinement dans le débat d’Etat.
Il a conscience des propos de Charles de Gaulle selon lesquels «Les États n’ont pas d’amis. Ils n’ont que des intérêts».
Personne de sensé ne peut lui faire aujourd’hui le reproche de la mise à contribution de ce «principe» régulateur, hélas !, de la marche du monde.
 
Omer Nsongo Die Lema
@omernsongo
E-mail : omernsongo@gmail.com
http://www.congo30juin.com
Facebook : Omer Nsongo




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