EDITORIAL. Premier ministre avec ou sans problèmes «diplomatiques» ?

Il y a un temps pour chaque chose, décrète le Psalmiste. Un temps pour la guerre, un autre pour la paix, de sorte qu’à une guerre politique il faille une paix politique, à une guerre militaire une paix militaire, à une guerre économique une paix économique et, bien entendu, à une guerre diplomatique une paix diplomatique…

Retenons cette conviction exprimée par Joseph Kabila dans son discours sur l’état de la Nation le 6 décembre 2007 : «L’histoire a, en effet, abondamment démontré que même en cas de victoire militaire, la consolidation de la paix se fait toujours autour d’une table».

On peut alors se le dire : après la guerre, on fait la paix. Si on ne fait pas la paix, c’est qu’on reste dans la logique de la guerre…

***

Il n’est un secret pour personne que les relations entre le régime sortant et les partenaires dits traditionnels, généralement d’obédience occidentale, sont allées de mal en pis depuis une décennie. Même après l’investiture du nouveau Président de la République élu, la méfiance subsiste.

Dès lors que le nouvel ordre institutionnel issu des urnes maintient aux affaires la majorité des acteurs de ce régime au point même de lui procurer la prérogative de désignation du Premier ministre, il sied – dans l’intérêt de la communauté nationale et même de la communauté internationale – pour le Fcc de se trouver un « primaturable » n’ayant des problèmes “diplomatiques” avec personne. Ils sont nombreuxà en avoir le profil.

Ce serait simplement non productif pour tout le monde que d’avoir un Exécutif national – voulu bicéphale par le législateur – avec, d’un côté, un Président de la République réputé pro-Occident et, de l’autre, un Premier ministre-Chef du Gouvernement réputé anti-Occident. Ou vice-versa.

En 1960, c’est ce schéma qui avait piégé l’Indépendance avec Joseph Kasa-Vubu chef d’Etat présenté en pro-Occident et Patrice-Emery Lumumba chef de Gouvernement en anti-Occident.

Que 59 ans plus tard, on répète la même erreur, c’est qu’il y a crime prémédité.

L’erreur est humaine, mais la persévérance dans l’erreur devient diabolique, dit-on.

L’intérêt pour tout le monde est de toutes les façons de voir le nouvel ordre institutionnel consacrant la première alternance politique regarder dans la même direction.

Et pour cause !

***

Les faits financiers et économiques renseignent que tout en se livrant à la guerre géostratégique sur fond d’idéologies politiques, les puissances qui dirigent le monde se retrouvent dans le partage du gâteau économique dans les continents tiers.

Symbolique forte pour la RDC en Afrique : le plus gros investissement minier américain de tous les temps – Tenke Fungurume Miningpour ne pas le citer – n’a été racheté ni par un major canadien ou européen, ni par un major australien ou nippon mais plutôt par un major chinois!

On n’a alors rien à gagner d’être plus roi que le roi…

Ceci dit, il est impérieux pour la coalition « Cach-Fcc” de réaliser le fait que sur le terrain, la Majorité se redessine autant que l’Opposition parlementaire.

Celle-ci est en train de se constituer autour de Lamuka, si bien que la perspective d’une coalition “Cach-Lamuka” que Mgr Ambongo appelle de tous ses vœux s’éloigne d’elle-même, confortant la coalition “Cach-Fcc”.

Or, la question de primature est de nature à la fragiliser au travers de l’interprétation de l’article 91 de la Constitution.

On imagine ce qui adviendrait du pays si on ajoutait à ce «cocktail Molotov» l’ingrédient inflammable de l’idéologie avec un Président de la République et un Premier ministre-Chef du Gouvernement regardant chacun de son côté, c’est-à-dire l’un et l’autre se regardant en chiens de faïence. Le Congo en ferait les frais.

Dans cette éventualité, le grand perdant pourrait bien être l’Autorité morale Fcc. Pour la bonne et simple raison que le Premier ministre choisi pour son intransigeance à l’égard de telle puissance occidentale ou de telle puissance non occidentale n’est pas obligé, une fois aux affaires, d’obéir aux consignes. Encore moins les membres de la famille politique.

Après tout, la nature humaine consacre le devoir d’ingratitude, surtout lorsqu’il est dicté par le droit pour le moins légitime de survie.

Libre à chacun d’en tirer l’enseignement qui lui convient…

Omer Nsongo Die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

http://www.congo30juin.comFacebook : Omer Nsongo

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s